Darfour : Une détérioration sérieuse de la situation ne peut être écartée - Adada

27 avril 2009

Le chef de l'Opération hybride Union africaine-ONU au Darfour (MINUAD), Rodolphe Adada, a estimé lundi devant le Conseil de sécurité qu'une détérioration sérieuse de la situation dans cette région du Soudan ne pouvait pas être écartée et a encouragé le Conseil a envoyé un signal clair aux parties au conflit.

Le chef de l'Opération hybride Union africaine-ONU au Darfour (MINUAD), Rodolphe Adada, a estimé lundi devant le Conseil de sécurité qu'une détérioration sérieuse de la situation dans cette région du Soudan ne pouvait pas être écartée et a encouragé le Conseil a envoyé un signal clair aux parties au conflit.

Aujourd'hui, la MINUAD « est partout présente au Darfour » mais il est impossible pour l'instant de proclamer son succès, car la guerre continue et « des millions de personnes se trouvent encore dans les camps de personnes déplacées ou continuent d'être réfugiées », a déclaré M. Adada, en présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur le déploiement de la Mission.

Selon lui, il est vital que le Conseil de sécurité envoie un « signal clair à toutes les parties » au conflit (forces gouvernementales, mouvements armés, groupes tribaux) déclarant « inacceptables » les actions militaires agressives. Il a également qualifié de « préoccupant » l'état des relations entre le Tchad et le Soudan. « En fait, le danger d'une détérioration sérieuse de la situation au Darfour ne peut pas être écarté », a-t-il ajouté.

Selon Rodolphe Adada, le conflit du Darfour est de « nature politique » et il est « important que le Conseil de sécurité envoie un message fort à toutes les parties pour la reprise rapide des pourparlers inclusifs ». « Les progrès observés en février avec les premiers pourparlers de Doha ne se sont pas encore traduits en résultats concrets », a-t-il noté.

Le processus politique au Soudan a « semblé se geler », en particulier depuis la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'émettre un mandat d'arrêt contre le président Omar Al-Bachir. « La question de la CPI a dominé la vie politique au Soudan, et l'a polarisée », a-t-il estimé, précisant qu'elle avait « affaibli ceux qui, au Soudan, travaillaient pour le compromis et le consensus ». Il faut « trouver des points de consensus et faire jouer un plus grand rôle aux éléments modérés, en particulier dans la société civile, pour désamorcer les tensions », a-t-il dit.

Si « la perspective de conclusion d'un cessez-le-feu complet semble lointaine », un engagement des parties à une cessation des hostilités demeure cependant « envisageable à court terme », a-t-il ajouté.

S'agissant de la crise humanitaire qui était « contenue » au début de cette année, la décision du gouvernement soudanais d'expulser 13 organisations non gouvernementales (ONG) internationales et d'en suspendre trois nationales, le 4 mars 2009, « a totalement changé cette donne ».

« Cette action, dirigée contre des organisations indispensables, a causé une interruption des services humanitaires essentiels aux populations affectées », a affirmé M. Adada. Bien que ne disposant pas de mandat dans les affaires humanitaires, la MINUAD est « préoccupée par le risque d'une catastrophe humanitaire », a-t-il déclaré.

Enfin, concernant le déploiement de la MINUAD, M. Adada a jugé que les efforts du Conseil de sécurité avaient été déterminants pour surmonter les gigantesques défis posés. À la fin 2008, les deux tiers du déploiement ont été réalisés, tandis que tous les pays contributeurs de troupes « ont été identifiés », ce qui signifie que d'ici à la fin de l'année, 92% des effectifs mandatés seront atteints.

De son côté, la porte-parole du Secrétaire général a indiqué lundi que le commandant adjoint de la force de la MINUAD, le général Emmanuel Karake Karenzi, du Rwanda, allait bientôt quitter ses fonctions qu'il occupait depuis janvier 2008. Il sera remplacé par le général Duna Dumisani, d'Afrique du Sud.

 

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