Ban juge nécessaire de renforcer les capacités de médiation de l'ONU

9 avril 2009

Il est nécessaire de renforcer les capacités de médiation de l'ONU alors que les menaces de conflits à travers le monde sont multiples, estime le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié jeudi.

« Étant donné que le règlement pacifique des différends constitue un point essentiel de la mission de l'Organisation et que la médiation d'une tierce partie qualifiée s'est souvent avérée productive, il est surprenant qu'aussi peu d'attention et de ressources aient été consacrées au renforcement des capacités en la matière, d'autant que la médiation est une discipline en plein essor dans les milieux tant académiques que professionnels », souligne M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Selon lui, « la capacité de l'ONU en matière de médiation a été fortement entravée par le manque flagrant de ressources humaines et financières consacrées exclusivement à cette tâche ».

« Dans le passé, des médiateurs sans formation spécialisée ont trop souvent été dépêchés en mission sans même disposer des informations requises, donnant ainsi à l'action de l'Organisation un caractère aléatoire et empirique. L'ONU a toujours disposé de trop peu de médiateurs expérimentés et une grande partie des quelques spécialistes qui obtenaient de bons résultats ont pris leur retraite ou ont quitté l'Organisation », estime le Secrétaire général.

Selon lui, « il faut des médiateurs avertis et confirmés, disposant de ressources suffisantes et d'équipes où les femmes sont dûment représentées pour être rapidement à même d'aider les parties à établir des mécanismes leur permettant de s'attaquer aux racines du conflit, de dépasser les obstacles et d'aboutir à un accord menant à une paix durable. »

« Les initiatives visant à trouver au sein de l'Organisation ou à l'extérieur des personnes qui pourraient être formées pour jouer ce rôle n'en sont qu'à leurs balbutiements. Les trop rares programmes de formation destinés à renforcer les aptitudes des fonctionnaires de l'Organisation dépendent de contributions volontaires et il n'existe pas de formation pour médiateurs de haut niveau. Nombreux sont les enseignements tirés de l'expérience mais trop peu a été fait pour les consigner et les transmettre aux futurs médiateurs », ajoute-t-il.

Aussi le Secrétaire général recommande pour remédier aux lacunes qui subsistent de renforcer la prévention et le règlement des conflits en intervenant rapidement; d'améliorer la qualité de l'appui opérationnel fourni aux médiateurs; et de former la prochaine génération de médiateurs.

Il recommande également d'intégrer l'appui à la médiation aux organismes présents sur le terrain; de tirer parti des premières avancées du Groupe de l'appui à la médiation; de promouvoir l'égalité des sexes et renforcer les compétences en la matière aux postes de haut niveau; de renforcer les partenariats avec les organisations régionales et sous-régionales et les autres agents de la médiation; et de promouvoir les capacités nationales et locales de prévention et de règlement des conflits.

Selon M. Ban, ces efforts sont d'autant plus indispensables que de nouvelles menaces se profilent à l'horizon : « La lutte pour des ressources rares est un puissant moteur de conflit, surtout lorsqu'elle s'ajoute à une animosité entre groupes. Le ralentissement économique, les changements climatiques et la raréfaction croissante des ressources (terres arables, eau et combustibles fossiles) font que les conflits entre les États ou à l'intérieur même de ceux-ci risquent de devenir de plus en plus courants ».

 

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