Le procès au fond du tortionnaire Khmer Rouge 'Duch' s'ouvre au Cambodge

31 mars 2009
Kaing Guek Eav, alias "Duch"

Les Chambres extraordinaires auprès des tribunaux cambodgiens, un tribunal hybride composé de la justice cambodgienne et d'un soutien de l'ONU, ont commencé lundi le procès au fond de Kain Guek Eav, aussi connu sous le nom de « Duch », qui a plaidé coupable.

Le 8 août dernier, les juges des Chambres extraordinaires avaient inculpé l'accusé pour les crimes commis au centre de détention S-21, aussi connu sous le nom de Toul Sleng, entre 1975 et 1979 et les audiences préliminaires de cette affaire, la première soumise au tribunal spécial appuyé par l'ONU, avaient commencé à la mi-février.

Kain Guek Eav est accusé de crimes contre l'humanité et de graves violations des conventions de Genève de 1949, outre les crimes d'homicide et de torture aux termes du droit cambodgien.

Selon la procédure des Chambres extraordinaires, le fait que Duch ait plaidé coupable n'empêchera pas la tenue d'un procès complet au fond.

Selon la presse, on estime que près de 15.000 personnes seraient passées par le centre S-21 pour y être torturées puis exécutées, sous les ordres de 'Duch', l'exécuteur du régime Khmer rouge dont l'idéologie communiste était de faire table rase du passé et de toute influence « intellectuelle », au prix de la mort de plus du tiers de la population cambodgienne, quelque 1,7 million personnes, en quatre ans.

« Le peuple cambodgien a attendu ce jour pendant 30 ans, pour que justice soit faite pour les souffrances dans lesquelles plus d'un tiers de la population a péri », avait déclaré le directeur administratif par intérim des Chambres extraordinaires, Tony Kranh à l'occasion de l'ouverture de l'audience préliminaire.

Les Chambres extraordinaires avaient été créées en 2003 aux termes d'un accord entre les Nations Unies et le Cambodge, en tant que tribunal indépendant.

Il est constitué de personnel international et cambodgien. Son mandat est de juger les principaux dirigeants et les auteurs des crimes les plus graves aux termes du droit cambodgien et international commis durant le régime Khmer Rouge, du 17 avril 1975 au 6 janvier 1979.

Par ailleurs, la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York a annoncé mardi que le Sous-Secrétaire général aux affaires juridiques, Peter Taksoe-Jensen avait rencontré le Vice-Premier ministre du Cambodge, Sok An, par deux fois pour discuter des allégations de corruption au sein de l'administration nationale qui ont été soulevées.

« L'Objectif de l'ONU est de parvenir à la mise en place d'un mécanisme anti-corruption crédible afin que tous les membres du personnel des Chambres extraordinaires puissent sentir qu'ils peuvent soulever les plaintes nécessaires contre la corruption », a dit la porte-parole.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.