Une réfugiée ivoirienne lance un site web pour enseigner à distance grâce au HCR

31 mars 2009

Après avoir fui le conflit sévissant en Côte d'Ivoire en 2005 pour se réfugier en Indonésie, Ouattara Madoussou a créé petit à petit un site Internet d'enseignement du français à distance à destination d'élèves indonésiens, grâce à l'aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Après avoir fui le conflit sévissant en Côte d'Ivoire en 2005 pour se réfugier en Indonésie, Ouattara Madoussou a créé petit à petit un site Internet d'enseignement du français à distance à destination d'élèves indonésiens, grâce à l'aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Le programme d'autosuffisance du HCR m'a aidée à persévérer dans mon entreprise », a expliqué cette jeune femme âgée de 24 ans.

Ouattara Madoussou était toujours traumatisée lors de son arrivée en Indonésie. Ses parents et ses deux frères avaient été tués et sa maison avait été réduite en cendres lors de la guerre civile en Côte d'Ivoire. Cependant sa vie s'est peu à peu améliorée après qu'elle ait reçu le statut de réfugiée en 2007.

Au moment où elle a commencé à recevoir une aide du HCR, elle s'est rendue par hasard au Centre culturel français à Djakarta, pour aller à la bibliothèque. Elle s'y est ensuite rendue fréquemment, car c'était non seulement une source de livres mais aussi l'endroit idéal pour rencontrer de jeunes Indonésiens souhaitant apprendre le français.

Peu après, elle a accepté de donner des leçons de français à ses nouveaux amis, en utilisant des livres empruntés au centre. « J'ai demandé à Ouattara de me donner des cours particuliers en français et elle a accepté », s'est rappelée Marina, qui est devenue l'une de ses premières élèves. « J'étais très heureuse et j'ai appris le français rapidement grâce à l'enseignement dispensé par Ouattara. Puis j'ai demandé à mes autres amis de rejoindre le cours », a-t-elle ajouté.

Dès lors, Ouattara a recommencé à voir la vie du bon côté. « J'étais autonome et je pouvais utiliser mes compétences pour enseigner quelque chose à d'autres personnes », a-t-elle dit. Toutefois, alors que le nombre des étudiants croissait, elle a commencé à trouver que c'était de plus en plus difficile. C'est alors qu'elle a pensé à l'enseignement à distance par Internet.

Elle a acheté un ordinateur portable et elle a alors soumis sa proposition pour l'apprentissage du français au programme du HCR pour l'autosuffisance. C'était pour obtenir un soutien dans le cadre de sa candidature pour un prêt afin d'acheter un modem, « pour que je puisse gérer mon programme d'enseignement à distance sur Internet depuis mon internat. »

Le programme d'autosuffisance a été mis en place en 2007. Il constituait une façon innovante de contrer des difficultés auxquelles les réfugiés sont confrontés car ils ne peuvent pas travailler légalement en Indonésie. Il fonctionne comme une formation permettant aux réfugiés de développer de nouvelles compétences. « Il encourage aussi les réfugiés et les communautés locales à s'accorder sur le fait qu'ils appartiennent à la même communauté et qu'ils peuvent s'aider les uns les autres », a expliqué Robert Ashe, le délégué régional du HCR basé à Djakarta.

Ouattara était une candidate idéale pour recevoir une aide. Le partenaire opérationnel du HCR, Church World Service (CWS), a accepté de lui accorder un prêt. « Elle était si optimiste, et c'était touchant de voir une telle motivation », a indiqué John Simbolon, un chargé de programme de CWS.

Grâce à son modem, Ouattara a pu lancer son programme d'enseignement à distance. « A cause des différences d'âges et de niveaux de connaissances de mes élèves, le cours est divisé en trois niveaux : débutant, intermédiaire et avancé », a-t-elle dit. Les élèves passent des tests oraux et écrits, à l'aide du logiciel skype.

Ouattara Madoussou a quitté Djakarta le mois dernier pour une nouvelle vie au Canada mais elle prévoit de conserver un lien étroit avec l'Indonésie via l'Internet.

Au moment de son départ pour être réinstallée à Montréal, Ouattara avait 43 élèves indonésiens. La plupart d'entre eux continueront à suivre ses cours à distance lorsque le service sera de nouveau établi depuis le Canada. Toutefois elle ne prévoit pas d'accepter de nouveaux étudiants. En effet, elle veut s'inscrire à l'université, pour étudier le droit des droits de l'homme et venir un jour en aide à d'autres réfugiés bloqués dans une situation de vide juridique.

 

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