Des milliers de Somaliens continuent de fuir vers le nord–est du Kenya

27 mars 2009
Une fillette réfugiée dans un des camps surpeuplés à Dadaab, au Kenya.

Le nombre de Somaliens cherchant refuge dans le camp de réfugiés surpeuplé de Dadaab, au nord-est du Kenya, continue d'augmenter malgré l'élection d'un nouveau gouvernement dans leur pays d'origine, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Le nombre de Somaliens cherchant refuge dans le camp de réfugiés surpeuplé de Dadaab, au nord-est du Kenya, continue d'augmenter malgré l'élection d'un nouveau gouvernement dans leur pays d'origine, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Depuis le début de l'année, plus de 20 000 nouveaux arrivants ont été enregistrés dans les trois campements qui composent le complexe du camp de Dadaab -Hagadera, Ifo et Dagahaley », a déclaré le porte-parole du HCR Ron Redmond.

La plupart des nouveaux arrivants interviewés par le HCR évoquent une insécurité croissante, particulièrement dans les régions de Centre-Juba et de Bas-Juba, en plus de la sécheresse et des pénuries de nourriture, comme étant les principales raisons de leur fuite vers le Kenya. D'autres ont exprimé un optimisme très réservé quant à un retour à la paix à court terme dans leur pays. Malgré de récentes élections tenues à Djibouti et qui ont amené un nouveau gouvernement au pouvoir, la situation sécuritaire dans plusieurs régions de Somalie reste dégradée.

Le HCR continue de recevoir et d'enregistrer de nouveaux arrivants, bien que la capacité d'accueil dans les camps soit largement dépassée, un problème dont le HCR fait état depuis plus d'un an. Les camps ont été conçus il y a près de vingt ans, pour abriter un total de 90 000 personnes.

Ils en accueillent actuellement plus de 261 000, rendant ainsi le complexe de Dadaab l'un des plus anciens, des plus importants et des plus surpeuplés sites de réfugiés au monde. L'agence négocie avec le gouvernement du Kenya pour qu'il fournisse des terrains pour construire de nouveaux camps mais cela reste encore à finaliser. Néanmoins, le HCR reçoit et accueille ces réfugiés avec de grandes difficultés.

« Il est crucial que le gouvernement nous fournisse des terrains dès que possible, où nous pourrons bâtir d'autres camps, décongestionner les camps existants et nous préparer à accueillir davantage de personnes si la tendance actuelle des arrivées se poursuivait », a dit le porte-parole.

Plus de la moitié des nouveaux arrivants sont des femmes et des enfants et plusieurs d'entre eux sont exténués après avoir marché de longues distances, empruntant souvent des chemins détournés pour éviter de se faire repérer au moment de franchir la frontière.

Certains parcourent de très longues distances, ils viennent notamment depuis Mogadiscio par la route ou à pied, ce qui correspond à un voyage de 800 kilomètres pouvant durer jusqu'à 16 jours. Lorsqu'ils arrivent, ils doivent rechercher des proches, des membres de leur famille ou de leur clan dans les camps d'Ifo et de Dagahaley, dans la mesure où le HCR ne dispose plus d'aucune terre où leur affecter un carré de terrain pour y vivre.

Cela a entraîné une surpopulation avec plus de 30 personnes vivant sur un carré de terrain de 12 x 13 mètres. Nous craignons que la situation ne se détériore encore à l'arrivée de la saison des pluies en raison des contraintes d'abris. La prochaine saison des pluies est prévue pour début avril.

Le conflit incessant en Somalie a causé la mort de milliers de personnes ainsi qu'un déplacement massif. Les camps de réfugiés de Dadaab ont été établis en 1991 et en 1992, après la chute du gouvernement de Siad Baré en Somalie.

 

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