Madagascar : L'ONU poursuit ses efforts pour faciliter le dialogue
Les Nations Unies continuent leurs travaux de médiation à Madagascar afin d'aboutir à une solution pacifique à la crise politique entre le président Marc Ravalomanana et le maire d'Antananarivo, Andy Rajoelina, a déclaré le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques, Haile Menkerios, dans un entretien lundi à la radio de l'ONU.
« Nous sommes reconnaissants car toutes les parties ont confiance dans le Secrétaire général. Ils ont écouté nos propositions et notre conseil selon lequel une solution pacifique est le meilleur choix et qu'ils peuvent l'obtenir par le dialogue », a dit M. Menkerios.
Mardi, la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, a précisé que les Nations Unies travaillaient de près avec la communauté internationale, notamment pour garantir la sécurité des personnes concernées. Le conseiller de l'ONU sur le terrain, Tiebile Drame, est en contact avec les parties, la médiation et la communauté diplomatique, a-t-elle ajouté.
Un conflit larvé entre le président Ravalomanana et le maire d'Antananarivo, Andy Rajoelina, s'est transformé en crise ouverte mi-décembre. M. Rajoelina, qui s'est fait le porte-voix des frustrations de nombreux Malgaches durement touchés par la hausse des prix, a multiplié les manifestations dans la capitale Antananarivo et s'est autoproclamé en charge des affaires du pays. Il a été destitué par le gouvernement de son poste de maire le 3 février.
« Il y a une grande détresse économique dans ce pays. Une importante partie de la population est sans emploi. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté alors que les revenus de la population ne suivent pas, » a dit Haile Menkerios.
Même si l'armée est restée neutre dans la crise, « ce qui montre un professionnalisme de sa part », au moins une centaine de personnes sont mortes depuis le 26 janvier dans les violences qui ont émaillé cette crise, a-t-il ajouté.
Selon lui, une conférence nationale devrait être annoncée prochainement. Elle se déroulerait les 12, 13 et 14 mars prochains. « Je pense que l'annonce et le déroulement de la conférence auront un effet apaisant sur les gens, et aussi sur l'armée qui était nerveuse parce que le processus de paix n'avançait pas. Je pense que la situation va se calmer et je suis très optimiste, » a-t-il dit.