Darfour : L’ONU demande au Soudan d’annuler l’expulsion des ONG

9 mars 2009

La décision du gouvernement soudanais de renvoyer 13 organisations non gouvernementales (ONG) du Darfour aura un impact considérable sur l’action humanitaire et sur la population qui bénéficie de l’assistance, a réitéré lundi le responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, John Holmes.

La décision du gouvernement soudanais de renvoyer 13 organisations non gouvernementales (ONG) du Darfour aura un impact considérable sur l'action humanitaire et sur la population qui bénéficie de l'assistance, a réitéré lundi le responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, John Holmes.

« C'est pourquoi nous nous opposons à cette décision et que nous demandons au gouvernement du Soudan de la renverser dès que possible », a déclaré M. Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, lors d'une conférence de presse à New York.

Il a ajouté que divers contact ont eu lieu ce week-end à cet égard, y compris par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

« Je ne vois pas de lien logique entre l'inculpation par la CPI et l'expulsion des organisations non gouvernementales », a ajouté John Holmes, indiquant qu'il s'agissait probablement d'une décision politique.

La Cour pénale internationale (CPI) a délivré mercredi dernier un mandat d'arrêt à l'encontre du président soudanais Omar Al Bachir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, écartant pour l'instant l'accusation de génocide. Le chef de l'Etat soudanais est soupçonné d'être pénalement responsable, en tant que coauteur indirect ou qu'auteur indirect, d'attaques intentionnellement dirigées contre une importante partie de la population civile du Darfour, de meurtres, d'actes d'extermination, de viol, de torture, ainsi que de transfert forcé d'un grand nombre de civils et de pillage de leurs biens.

« L'ONU est aussi préoccupée par la façon dont cette mesure est mise en oeuvre, avec la confiscation de biens, y compris de véhicules, ordinateurs, alimentation, sans compter les intimidations, en violation de l'accord signé avec le gouvernement soudanais sur l'assistance humanitaire. De sorte que les ONG sont encouragées à utiliser les méthodes dont elles disposent auprès des autorités pour faire appel », a dit le Secrétaire général adjoint.

John Holmes a fait part d'une unanimité de la part des ONG et d'une solidarité avec celles qui restent sur le terrain.

Parallèlement, une évaluation conjointe est menée avec le gouvernement pour évaluer les pénuries qui résulteront du départ des ONG, notamment dans la livraison de l'eau.

« Nous ne pouvons remplacer les ONG expulsées », a dit John Holmes, qui a évoqué la possibilité, notamment au camp de Kalma, d'une épidémie de méningite.

Il a aussi estimé les besoins en eau à 15 litres d'eau potable par jour par personne. Il y a des puits dans la région, mais le pompage et le stockage de l'eau dépend de leur maintenance par OXFAM, qui a été expulsée.

Les agences expulsées sont : SOLIDARITES, Save the Children UK et US, Médecins sans frontières (Hollande et France), Care International, Oxfam GB, Mercy Corps, International Rescue Committee, Norwegian Refugee Council, CHF, Padco et Action contre la faim.

Bien qu'il y ait 85 ONG internationales au Darfour, les 13 expulsées représentent plus de la moitié de l'assistance livrée et 40% des travailleurs humanitaires, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Parallèlement, sur le terrain, la situation était calme, a indiqué la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

L'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) a mené 32 patrouilles de confiance, 11 escortes et huit patrouilles de nuit dans 65 villages et camps de personnes déplacées, a dit la porte-parole.

Enfin, le représentant spécial conjoint de l'ONU et de l'Union africaine (UA), Rodolphe Adada, a rencontré lundi le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, à Khartoum, pour y discuter de la situation au Soudan. Jean Ping, qui a été président de l'Assemblée générale de l'ONU, a exhorté la MINUAD à poursuivre son mandat au Darfour.

 

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