Trois chefs militaires sierra léonais jugés coupables d'exactions pendant la guerre civile

26 février 2009

Trois anciens chefs du mouvement rebelle sierra-leonais du Revolutionary United Front (RUF) ont été jugés mercredi coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis au cours des dix ans de guerre civile par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) à Freetown.

Trois anciens chefs du mouvement rebelle sierra-leonais du Revolutionary United Front (RUF) ont été jugés mercredi coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis au cours des dix ans de guerre civile par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) à Freetown.

Le chef du RUF par interim, Issa Hassan Sesay, et le commandant du RUF, Morris Kallon, ont été jugés coupables de 16 des 18 chefs d'inculpation [dont ceux de mutilation, de terrorisme, de viol, de mariage forcé, d'esclavage forcé et d'enrôlement d'enfants soldats], a indiqué jeudi la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Pour sa part, l'ancien chef de la sécurité du RUF, Augustine Gbao, a été jugé coupable de 14 chefs d'inculpation.

Tous les trois ont été jugés coupables entre autres de mariage forcé et pour la première fois de crimes spécifiques du fait d'attaques contre des casques bleus.

Sesay et Kallon ont été aussi tous deux jugés pour le recours à des enfants soldats.

Les peines qu'ils encourent seront prononcées dans les semaines à venir, a dit la porte-parole.

Le RUF, soutenu par l'ancien président du Libéria Charles Taylor, a mené pendant dix ans une campagne de terreur et de pillage des ressources notamment diamantifères du Sierra Leone, terrorisant la population par une politique d'amputation des bras, jambes, oreille et nez, tout en enrôlant des enfants comme soldats et en leur faisant commettre des exactions sous l'emprise de la drogue.

Cinq autres responsables ont déjà été jugés. Le chef du RUF, Foday Sankoh, est mort en 2003 de causes naturelles alors qu'il était détenu par le tribunal.

Le TSSL doit maintenant encore juger Charles Taylor qui est détenu à La Haye pour des raisons de sécurité.

Le TSSL a été mis en place en commun par les Nations Unies et le gouvernement de la Sierra-Leone afin de juger les principaux auteurs des violations du droit international et sierra-léonais commis sur le territoire du pays depuis le 30 novembre 1996.

 

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