Côte d’Ivoire : Des ex-combattants réintègrent la vie civile grâce à l'ONU

26 février 2009

L’initiative des « 1000 microprojets pour la paix » en Côte d’Ivoire permet de redonner le goût à la vie civile à des ex-combattants, qui gagnent désormais leur vie en fabriquant du savon pour certains d’entre eux ou en cultivant des oignons et des tomates pour d’autres.

L'initiative des « 1000 microprojets pour la paix » en Côte d'Ivoire permet de redonner le goût à la vie civile à des ex-combattants, qui gagnent désormais leur vie en fabriquant du savon pour certains d'entre eux ou en cultivant des oignons et des tomates pour d'autres.

A Séguéla, sept ex-combattants des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) ont mis sur pied la savonnerie « Ekaso », grâce au financement des « 1000 microprojets ». Cela leur permet désormais d'avoir un salaire et d'espérer à un avenir meilleur, raconte l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).

« Ce métier m'a permis de retourner à la vie civile et d'oublier beaucoup de choses. Aujourd'hui, mes camarades et moi, nous avons un salaire et nous pouvons nous prendre en charge », a expliqué Soro Ndohoule, le président d'Ekaso, au représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Y.J. Choi, en tournée d'évaluation dans cinq villes du pays. « Notre capacité de production actuelle n'est pas suffisante pour le marché que nous avons. Nous avons même des commandes depuis le Burkina Faso », a-t-il ajouté.

Le représentant spécial a promis d'accorder un nouvel appui d'au plus un million de francs CFA à ce projet. « Nous allons vous soutenir pour votre motivation et vous devez multiplier vos efforts », a-t-il dit.

La savonnerie Ekaso a été lancée par les sept ex-combattants avec un financement de 3,2 millions de Francs CFA. D'un stock de départ de 5 barils d'huile rouge – intrant principal du savon artisanal – les bénéficiaires du projet ont constitué aujourd'hui un stock de 9 barils. « Si nous pouvons avoir un stock important, notre chiffre d'affaires sera énorme », a dit Soro Ndohoule.

M. Choi a aussi visité un projet de culture maraîchère dans un village près de Séguéla. Ce projet agropastoral est une initiative d'un groupe de jeunes ex-combattants et de femmes associées au conflit, qui cultivent de l'oignon et de la tomate, en utilisant une vieille motopompe pour l'arrosage. Le projet avait bénéficié d'un fonds de 3,2 millions de Francs CFA.

« Je vous donne une motopompe et je reviendrai voir le fruit de vos efforts dans trois mois », leur a dit M. Choi. « Si vous avez bien travaillé, alors nous allons discuter de l'expansion de votre entreprise ».

A Séguéla, les projets financés dans le cadre du Programme des 1000 Microprojets sont encadrés par la coopérative Worodougouka. La présidente de la coopérative, Alimata Bakayoko, a exprimé « l'infini reconnaissance des bénéficiaires des projets », avant d'ajouter que « la collaboration avec l'ONUCI nous a permis d'agrandir notre champ d'intervention. Nous faisons désormais la formation des gens que nous encadrons, ce qui est une chose indispensable au développement humain ».

Le Préfet de Séguéla, Brahima Fofana, a, lui aussi, témoigné de la reconnaissance de son département. « Nous devons nous approprier cette initiative de microprojets. Nous devons faire en sorte qu'il profite aux jeunes à risque », a-t-il indiqué.

Les 1000 microprojets, dotés de 4 millions de dollars, représentent une initiative pilote de réinsertion financée par le Fonds de Consolidation de la paix des Nations Unies, dans le cadre de l'appui du programme national de réinsertion des ex-combattants et ex-miliciens, soutenu par les partenaires internationaux (Union Européenne, Banque Mondiale, agences des Nations Unies, ONUCI, opérations bilatérales). Environ 200 personnes bénéficient à Séguéla de cette initiative, lancée en août 2008 et qui profite aujourd'hui à 1200 Ivoiriens a travers le pays. Le montant du financement se situe entre 300.000 Francs CFA et 420.000 Francs CFA par ex-combattant.

Les 1000 microprojets visent à contribuer à la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes, tout en créant un environnement sécuritaire stable pour des élections libres et transparentes. Les projets portent sur l'agriculture, l'élevage, la pêche, la mécanique ainsi que le bâtiment et la restauration.

La tournée d'évaluation du Représentant spécial, débutée le 24 février à Bouaké, doit aussi le conduire à Daloa, Issia et San Pedro.

 

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