2009 sera cruciale pour les opérations de maintien de la paix, selon Le Roy

24 février 2009

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a prévenu lundi que les opérations de maintien de la paix étaient « actuellement utilisées au maximum » et que l’année 2009 serait pour elles « une année cruciale ».

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a prévenu lundi que les opérations de maintien de la paix étaient « actuellement utilisées au maximum » et que l'année 2009 serait pour elles « une année cruciale ».

« Elles sont exposées à des risques si importants qu'on ne saurait écarter la possibilité d'un échec pour certaines d'entre elles », a dit M. Le Roy à l'ouverture de la session de fond de 2009 du Comité spécial des opérations de maintien de la paix au siège des Nations Unies à New York. Il a en outre invité les États à réfléchir à des moyens autres que les opérations de maintien de la paix pour prévenir les conflits, notamment lorsqu'il n'y a en réalité pas de paix à maintenir dans les régions où on envisage de déployer une telle mission.

Reprenant les éléments du rapport du Secrétaire général sur l'application des recommandations du Comité spécial, M. Le Roy a affirmé qu'une nouvelle étude interne au Secrétariat intitulée « Nouveaux horizons » vise non pas à remplacer, mais à renforcer, à la lumière des nouvelles exigences et menaces auxquelles font face les opérations de maintien de la paix, le programme « Opérations de paix 2010 » et le rapport Brahimi. Depuis l'adoption, il y a 10 ans, du rapport Brahimi qui a établi le socle des opérations de maintien de la paix, les effectifs des opérations de maintien de la paix sont passés de moins de 14.000 personnes à près de 112.000 personnes en 2009, réparties dans 18 missions, avec un budget de plus de 7 milliards de dollars, a déclaré M. Le Roy. Alors que le rapport Brahimi envisageait un Département des opérations de maintien de la paix capable de créer une nouvelle opération de maintien de la paix par an, ce rythme a été largement dépassé, a-t-il fait observer.

Les opérations de maintien de la paix sont victimes de leur succès, a déclaré M. Le Roy, qui a mentionné parmi les difficultés actuelles le nombre considérable des demandes et « l'écart immense » entre la demande et l'offre de personnel qualifié. « Ne serait-il pas plus prudent de limiter les mandats des opérations de maintien de la paix qui deviennent trop étendus et inclusifs, comme le recommandait le rapport Brahimi », s'est interrogé M. Le Roy. La communauté internationale devrait aussi examiner la possibilité de recourir à d'autres outils, notamment diplomatiques et militaires, quand il y a peu ou pas de paix à garantir, a-t-il encore ajouté.

De son côté, la Secrétaire générale adjointe à l'appui aux missions, Susana Malcorra, a rappelé que son Département avait un mandat très limité qui fait sa force. Ce mandat, a-t-elle précisé, consiste à fournir un appui aux missions sur le terrain en recevant une orientation stratégique de la part du Département des opérations de maintien de la paix et du Département des affaires politiques. Estimant qu'un renforcement de la capacité d'appui ne sera possible qu'au moyen d'un dialogue continu et ouvert avec les États Membres, Mme Malcorra a ajouté qu'elle engagerait le plus rapidement possible avec eux des discussions portant sur sa vision des aspects de l'appui. Outre les problèmes de sécurité, qui resteront très importants, elle a notamment cité parmi les facteurs à prendre en compte les effets de la crise économique et financière qui pèseront sur la disponibilité des ressources, ou encore des préoccupations d'ordre environnemental qui auront des conséquences sur les politiques concernant les opérations et l'équipement.

En début de séance, le Comité a élu à sa présidence Joy Ogwu(Nigéria), ainsi que son Bureau. Outre Mme Ogwu, celui-ci est constitué de Henri-Paul Normandin (Canada), Diego Limeres (Argentine), et Tetsuya Kimura (Japon) ainsi que du colonel Zbigniew Szlek (Pologne), Vice-Présidents. Amr El-Sherbini (Égypte) a été élu Rapporteur. M. Normandin est par ailleurs président du Groupe de travail plénier du Comité spécial.

 

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