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Abkhazie : Ban demande une liberté de circulation totale pour l’ONU

Abkhazie : Ban demande une liberté de circulation totale pour l’ONU

Des membres de la MONUG.
La situation dans la région séparatiste d’Abkhazie (Géorgie) est restée tendue dans la zone de responsabilité de la Mission d’observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) depuis la prorogation de son mandat le 9 octobre 2008 et cette dernière a besoin d’une liberté de circulation complète, affirme le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié jeudi.

La situation dans la région séparatiste d’Abkhazie (Géorgie) est restée tendue dans la zone de responsabilité de la Mission d’observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) depuis la prorogation de son mandat le 9 octobre 2008 et cette dernière a besoin d’une liberté de circulation complète, affirme le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié jeudi.

« Je continue de croire que la Mission contribue à la stabilisation de la situation, mais en raison des faits nouveaux, sa position est devenue précaire et risque de devenir rapidement intenable », estime M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

La MONUG a continué, sans obstacle majeur, d’effectuer des patrouilles et d’autres tâches des deux côtés de la ligne de cessez-le-feu. Toutefois, le contexte dans lequel elle exécute son mandat a considérablement changé : « le moins qu’on puisse dire est que l’état de l’Accord de Moscou, qui constitue la base du mandat de la Mission et du régime de cessez-le-feu, n’est plus très clair, et la force de maintien de la paix de la CEI, qui observait la Mission et sur laquelle celle-ci comptait pour assurer sa propre sécurité, n’est plus en place ».

L’opération et la sécurité de la Mission dépend à présent dans une large mesure de la bonne volonté des parties, selon le rapport.

En conséquence, et en premier lieu, la Mission des Nations Unies sur le terrain devrait bénéficier d’une « totale liberté de circulation ainsi que [de] toutes les garanties de sécurité nécessaires ».

En second lieu, le Secrétaire général appelle les parties à « redoubler d’efforts pour parvenir à un accord sur les principaux éléments d’un régime de sécurité, notamment un mécanisme pour prévenir et gérer les incidents, ainsi que sur un certain nombre de questions encore en suspens relatives à la situation des réfugiés et des personnes déplacées ».

Ban Ki-moon propose aussi un accord de séparation des forces, sur la base du « strict respect du cessez-le-feu sur terre, en mer et dans les airs et abstention de tout acte d’hostilité », la définition d’une « zone, équivalant en superficie à la « zone de sécurité » prévue dans l’Accord de Moscou, des deux côtés de la ligne de cessez-le-feu, où il ne doit y avoir ni force armée ni matériel militaire », et une interdiction de survol par des appareils militaires et des drones.

S’agissant de l’évolution de la situation, « il y a eu un nombre considérable d’incidents de sécurité, qui ont fait des victimes des deux côtés, et le peu de communication qu’il y avait entre les parties a pour l’essentiel été rompu. Il n’est pas exclu que la situation se détériore encore davantage », prévient Ban Ki-moon.

« Dans la partie contrôlée par l’Abkhazie, les forces de la Fédération de Russie ont repris les positions occupées précédemment par la force de maintien de la paix de la CEI et construit de nouvelles positions fortifiées dans la zone de conflit. Par ailleurs, des armes lourdes et du personnel militaire abkhazes ont été positionnés dans la zone de conflit ».

« Parallèlement, le personnel du ministère géorgien de l’intérieur a installé de nouvelles positions et déployé des véhicules blindés légers dans la zone de sécurité ».

À part ces faits nouveaux, les deux parties ont continué, dans l’ensemble, de respecter les limitations qui leur ont été imposées en vertu de l’Accord de Moscou. Les contraintes subies actuellement par les populations locales, en particulier les entraves de plus en plus nombreuses à leur liberté de circulation, constituent également un sujet de préoccupation.