Des milliers de Cambodgiens victimes d'expulsions, dénonce un expert de l'ONU

30 janvier 2009
La rapporteuse spéciale sur le droit à un logement convenable, Raquel Rolnik.

Des milliers de Cambodgiens sont victimes d'expulsions, plus de 130 familles ayant été ainsi récemment virées de force de leurs domiciles en faveur d'un promoteur immobilier, a déploré vendredi la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable, Raquel Rolnik.

« Je conseille vivement aux autorités cambodgiennes d'établir un moratoire national sur les expulsions jusqu'à ce que les politiques et actions dans ce domaine soient pleinement conformes aux obligations internationales en matière de droits de l'homme », a-t-elle dit dans un communiqué.

Plus de 130 familles ont été expulsées par la force de Dey Krahorm, au centre de la capitale Phnom Penh, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, pour qu'une compagnie privée puisse redévelopper le site.

« Les évictions forcées se sont déroulées au milieu de la nuit, sans aucun préavis et les abris qui appartenaient à cette pauvre communauté ont été abattus et détruits. Cette situation a de graves conséquences, particulièrement pour les femmes et les enfants. Cette communauté aurait été victime, avant l'éviction, de méthodes d'intimidation et des représentants et des membres de la communauté auraient été poursuivis devant la justice », a-t-elle a ajouté.

Raquel Rolnik a jugé regrettable que les négociations en cours avec les résidents aient été abandonnées, empêchant d'aboutir à une solution juste et légitime à des conflits de longue date. « Il est maintenant de la plus grande importance d'accorder aux résidents une compensation équitable pour la perte de leurs biens et de leurs maisons et de leur fournir une alternative convenable en matière de logement. »

Selon la rapporteuse spéciale, ce cas n'est pas isolé et elle juge l'augmentation des expulsions au Cambodge « très alarmante ». Des dizaines de milliers de gens pauvres auraient été expulsés, déplacés et contraints à vivre sans domicile fixe, a-t-elle souligné.

Selon elle, il y a au Cambodge « une tendance à une violation des droits de l'homme avec ces expulsions : un manque systématique de protections procédurales ; des compensations inéquitables ; un manque de solutions efficaces à ces expulsions ; l'usage excessif de la force ; le harcèlement, l'intimidation et la criminalisation des ONG et des avocats travaillant sur le problème. »

 

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