RDC : Navi Pillay s'inquiète pour les civils dans l'est du pays

27 janvier 2009

La Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a mis en garde mardi contre les conséquences sur les populations civiles des opérations militaires dirigées contre des groupes rebelles responsables de violations des droits de l'homme, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Mme Pillay a exprimé sa profonde consternation face à la longue liste de graves violations des droits de l'homme commises récemment par l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), groupe armé connu pour ses activités sanguinaires dans le nord de l'Ouganda et dans la Province Orientale, au nord-est de la RDC.

Elle a exprimé sa préoccupation concernant les opérations militaires conjointes menées contre la LRA et leur impact sur la population civile.

« A moins qu'elles ne soient planifiées et exécutées de façon adéquate, ces opérations pourraient conduire à de nouveaux abus contre la population civile prise entre les parties en conflit », a dit Mme Pillay dans un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

En décembre 2008, les armées congolaise, ougandaise et soudanaise ont lancé une opération conjointe dans la Province Orientale de la RDC, contre Joseph Kony, chef de la LRA, après qu'il a refusé de signer un accord mettant fin à sa rébellion contre le gouvernement ougandais.

La LRA a en représailles tué au moins 500 personnes suspectes à ses yeux d'avoir aidé le gouvernement, et lancé une nouvelle vague de kidnappings, de viols et de recrutement d'enfants soldats.

Par ailleurs, la Haut Commissaire pour les droits de l'homme et le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU sur les droits de l'homme des personnes déplacées, Walter Kälin, ont exprimé leur souci quant aux opérations militaires conjointes menées en ce moment par les forces armées de RDC et du Rwanda contre les rebelles Hutus des FDLR, responsables d'abus au cours des 14 dernières années, dans la province du Nord Kivu, dans l'est de la RDC. Ils s'inquiètent des risques que ces opérations font peser sur les civils.

Enfin, Navi Pillay a noté la reddition et la réintégration des forces du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), mouvement rebelle actif dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, au sein des forces régulières congolaises, mais a estimé indispensable que les chefs Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda soient tenus responsables de leurs crimes.

Laurent Nkunda est déjà inculpé de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) et a été arrêté par les forces rwandaises la semaine dernière. Bosco Ntaganda est suspecté de crimes contre l'humanité par la CPI.

 

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