RD Congo : Nouveaux déplacements à craindre - HCR

23 janvier 2009

Sur la base de son expérience passée dans la région, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) craint que le rassemblement de forces militaires au Nord-Kivu ne créent de nouveaux déplacements de large ampleur au sein de la population civile.

Sur la base de son expérience passée dans la région, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) craint que le rassemblement de forces militaires au Nord-Kivu ne créent de nouveaux déplacements de large ampleur au sein de la population civile.

L'opération militaire conjointe menée par les forces armées congolaises et rwandaises, et destinée à obtenir le désarmement par la force du groupe de miliciens rwandais, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a débuté avec l'arrivée de troupes rwandaises dans la province un peu plus tôt cette semaine, a rappelé le porte-parole Ron Redmond, à Genève.

« La situation humanitaire dans le Nord-Kivu est déjà dramatique, avec environ 850 000 déplacés internes. Parmi ceux-ci, quelque 250 000 individus ont été contraints de fuir depuis août dernier, et beaucoup ont déjà été déplacés à plusieurs reprises », a-t-il dit.

Les FDLR sont l'un des nombreux groupes armés de l'est de la RDC mais sont perçues par le Rwanda comme une menace majeure pour sa sécurité nationale. En novembre 2007, le gouvernement de la RDC avait promis de désarmer les FDLR. Parmi les solutions proposées pour les membres des FDLR figuraient le rapatriement volontaire chez eux ou une relocation au sein de la RDC, à la condition qu'ils cessent d'être des combattants. En décembre, la RDC et le Rwanda s'étaient mis d'accord sur un plan militaire pour désarmer les FDLR par la force.

Le groupe est composé en majorité par des Hutus rwandais arrivés en RDC après le génocide de 1994 au Rwanda. A ce jour, près de 30 pour cent des membres des FDLR seraient des Hutus congolais.

« Nous prions instamment toutes les parties concernées de respecter les principes humanitaires internationaux, de minimiser les souffrances des civils et de garantir un passage sûr pour la population civile hors des zones de combat. Nous appelons aussi les parties au conflit à ne pas renvoyer de force des civils rwandais », a déclaré Ron Redmond.

Il est également crucial que le HCR et les autres agences humanitaires puissent immédiatement fournir une assistance humanitaire aux victimes civiles, et aient un accès sûr et sans entrave à tout nouveau site établi spontanément où pourrait se rassembler la population déplacée.

Il y a actuellement 1,3 million de déplacés internes dans les quatre provinces de l'est de la RDC – le Sud-Kivu, le Nord-Kivu, l'turi et la Province Orientale. Depuis la détérioration de la crise de déplacement dans le Nord-Kivu fin août 2007, le HCR a envoyé plusieurs équipes d'urgence et lancé un groupe de coordination et de gestion des camps, au sein duquel l'agence gère actuellement sept sites (Mugunga I, II, III, Kibati I, II, Buhimba et Bulnego.

Depuis 2004, le HCR a organisé et facilité le retour et la réintégration de près de 190 000 réfugiés congolais. Plus de 309 000 Congolais restent réfugiés, pour la plupart dans les pays voisins que sont la Tanzanie, le Rwanda, la Zambie, l'Ouganda et le Burundi.

 

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