Gaza : Le bombardement d'une école de l'ONU par Israël fait au moins 30 morts

6 janvier 2009

L'explosion d'obus de mortier israéliens tombés mardi sur une école de l'ONU près de camp de Jabaliya à Gaza a fait au moins 30 morts et 50 blessés, une attaque qui a été fermement condamnée par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

« Trois obus de mortier sont tombés sur l'école de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui servait de refuge à des Palestiniens du camp de Jabaliya », a précisé mardi John Ging, responsable humanitaire de l'UNRWA, lors d'un point de presse vidéo depuis Gaza.

Une autre frappe de missile sur une école de Gaza-ville a aussi tué trois personnes. Enfin, mardi matin, l'attaque contre une maison dans le camp de Bureij a blessé dix personnes dans un centre de santé proche.

« Ces attaques par les forces militaires israéliennes qui mettent en danger les installations des Nations Unies servant de lieux de refuge sont totalement inacceptables et ne doivent pas se reproduire », a dit Ban Ki-moon dans une déclaration.

Près de 15.000 personnes sont en ce moment à l'abri dans des locaux des Nations Unies à Gaza, notamment dans 20 écoles qui servent de sanctuaire parce que la population ne peut fuir le territoire palestinien, a ajouté le Secrétaire général.

John Ging a dit que l'armée israélienne avait reçu les coordonnées GPS de tous les bâtiments des Nations Unies, y compris les écoles, et qu'elles avaient été mises à jour récemment. Il a appelé à l'ouverture d'une enquête.

A cet égard, le Secrétaire général s'est dit « profondément consterné qu'en dépit de ces efforts répétés ces tragédies aient eu lieu ».

En réponse à une question d'un journaliste, le Coordonnateur de l'UNRWA a précisé que les militants palestiniens n'avaient pas violé l'immunité des bâtiments des Nations Unies et qu'il serait inacceptable qu'ils le fassent.

Ban Ki-moon estime toutefois que « toute action des militants qui met en danger la population civile palestinienne est inacceptable ».

Par ailleurs, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a annoncé la livraison de fournitures médicales à Gaza. La situation dans les hôpitaux est catastrophique, notamment dans le principal hôpital de Shifa où les quatre salles d'accouchement servent de salles d'opération et où les femmes enceintes ne sont plus accueillies.

La moitié seulement des 58 ambulances de Gaza sont opérationnelles, selon un communiqué de l'agence.

L'UNICEF a fourni 355 kits de première urgence comportant des gazes, des analgésiques et des gants ainsi que 20 kits de réanimation suffisants pour 10 à 15 opérations critiques.

Cinq kits d'urgence suffisants pour 10.000 personnes pendant 3 mois sont détournés de Cisjordanie pour Gaza. Ces derniers mois, alors que le blocus israélien rendait déjà l'entrée de biens dans Gaza très difficile, l'UNICEF avait prépositionné 13 kits de santé dans le territoire palestinien.

Enfin, l'UNICEF soutient aussi cinq équipes psychosociales de 20 à 30 travailleurs sociaux, psychologues et juristes qui suivent les familles lors des urgences.

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