Karen AbuZayd : Il faut pousser Israël et le Hamas à s'accorder sur une trêve à Gaza

31 décembre 2008

La Commissaire générale de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Karen AbuZayd, déclare dans un entretien au Centre d'actualités de l'ONU qu'elle n'a jamais connu une situation si difficile à Gaza depuis qu'elle travaille pour l'Office et juge nécessaire d'exercer des pressions sur Israël et le Hamas pour qu'ils se mettent d'accord sur une trêve.

Israël mène depuis le 27 décembre une offensive militaire aérienne en réponse, selon l'armée israélienne, aux attaques à la roquette par le Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza. Les frappes aériennes ont fait plus de 300 morts. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé à Israël et au Hamas d'arrêter leurs actes de violence et de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter des victimes civiles. Il a aussi appelé Israël à maintenir ouverts les points de passage afin de permettre la livraison de l'aide humanitaire.

« Je suis ici depuis le début de l'Intifada (soulèvement palestinien) il y a huit ans et même si nous avons eu de très mauvais moments quand il y a eu des bombardements, jamais autant de gens n'ont été tués en une seule journée et dans les quatre jours qui ont suivi », explique Mme AbuZayd au Centre d'actualités de l'ONU.

« Bien sûr, les gens manquent constamment de produits depuis les huit dernières années et les choses ont empiré les trois dernières années et encore plus au cours des derniers mois. Nous n'avons pas distribué de nourriture pendant les deux dernières semaines parce que nous n'avions pas de farine », ajoute-t-elle.

Karen AbuZayd a été nommée en 2005 Commissaire générale de l'UNRWA, qui fournit des services de base (éducation, santé, services sociaux) à des millions de réfugiés palestiniens dans le Moyen-Orient. Avant d'occuper ce poste, elle était depuis 2000 Commissaire générale adjointe de l'UNRWA.

Selon elle, « il est nécessaire d'exercer beaucoup de pression sur les deux parties pour arrêter la violence, pour qu'elles se mettent d'accord sur une forme de trêve ou d'accalmie ».

Les récentes frappes aériennes israéliennes ont affecté la capacité de l'UNRWA à mener ses activités. « Nous n'offrons pas actuellement de services éducatifs car les enfants et les enseignants ne peuvent pas aller à l'école. C'est trop dangereux d'être dehors. En ce qui concerne la distribution de l'aide humanitaire, les Israéliens ont ouvert au moins un point de passage pour nous. Nous avons ainsi été en mesure d'obtenir des produits que nous attendions depuis des mois. Ce n'est certainement pas assez mais nous avons été en mesure de faire entrer de la nourriture et des médicaments et d'autres produits dont les gens ont besoin dans leurs maisons », souligne Karen AbuZayd.

Face à la violence, des mesures ont été prises pour assurer la protection du personnel de l'UNRWA. « Pour ceux d'entre nous qui sont à Gaza maintenant, certains sont dans la cave de notre quartier-général, tentant de rester éloignés des fenêtres. Nos installations sont bien localisées par les forces de défense israéliennes aussi elles éviteront de les viser directement. Mais nous avons eu des dommages collatéraux. Huit étudiants ont été tués alors qu'ils montaient à bord d'un bus à la sortie de notre centre de formation », dit-elle.

« Notre personnel poursuit son travail, que ce soient les spécialistes de santé et d'assainissement, les employés qui s'occupent de la distribution de nourriture, ceux qui sont dans les entrepôts. Nous venons de décharger des camions et avons dû interrompre ce déchargement en raison des bombardements tout près d'ici », ajoute Karen AbuZayd.

 

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