Des déplacés pakistanais gardent espoir

31 décembre 2008

Chaque emploi comporte ses propres risques liés au métier, mais pour Hamid Gul*, travailler en tant que barbier dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan était devenu simplement trop dangereux pour continuer, raconte le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Chaque emploi comporte ses propres risques liés au métier, mais pour Hamid Gul*, travailler en tant que barbier dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan était devenu simplement trop dangereux pour continuer, raconte le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Des militants dans mon village m'ont demandé ainsi qu'à d'autres coiffeurs d'arrêter de tailler les barbes à moins d'en subir les conséquences », a expliqué ce jeune homme originaire de la région de Bajaur Agency au nord-ouest du Pakistan. « Ils ont fait sauter nos magasins et nous n'avions plus de travail. Puis les combats ont commencé et nous avons dû fuir. »

Hamid Gul fait partie des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats entre les forces gouvernementales et les militants des zones tribales sous administration fédérale du Pakistan (FATA) et autour de Swat, dans la Province frontière du Nord-Ouest (NWFP).

Conjointement avec les autorités locales, le HCR a déjà enregistré plus de 40.000 personnes déplacées internes dans 10 camps et plus de 90.000 autres vivant dans des logements loués ou au sein de familles d'accueil dans la Province frontière du Nord-Ouest. A ce jour, le nombre précis des personnes déplacées dans d'autres provinces du pays n'est pas disponible.

Hamil Gul vit maintenant dans un camp de déplacés, l'un des trois camps organisés accueillant des déplacés pakistanais situés aux alentours de Peshawar. Il a repris son travail en tant que barbier, et il gagne environ deux dollars par jour.

Comme lui, Najibullah travaille dur pour reconstruire sa vie après avoir fui Bajaur en octobre. « J'avais une vie agréable dans mon village jusqu'à ce que la situation ne se détériore gravement », a dit ce jeune homme d'environ 20 ans, propriétaire d'une épicerie. « Nous avons dû tout quitter en quelques heures. Il y avait des combats entre des militants et l'armée et nous avons été pris sous des tirs croisés. Mon magasin a été détruit lors du bombardement. Je suis heureux que nous ayons réussi à nous en sortir vivants. »

Avec sa famille, il a dû marcher pendant des heures avant de trouver un moyen de transport vers le camp organisé de Katcha Garhi, qui accueille plus de 12.000 déplacés. Lors de l'enregistrement, chaque famille reçoit du HCR une tente, des couvertures, des jerrycans, des ustensiles de cuisine, des matelas et une bâche en plastique.

Peu après son arrivée, Najibullah a ouvert un petit stand pour vendre des fruits secs et frais. Il arrive à gagner environ huit dollars par semaine. « Je sais que ce n'est pas assez mais je m'en sors mieux que beaucoup d'autres ici », a-t-il dit. Najibullah connaît aussi Peshawar, car il y a étudié dans une école religieuse durant quelques années. Cependant pour de nombreux déplacés comme lui, il ne se sentira jamais comme chez lui.

« Je veux vraiment rentrer », a expliqué Hamid Gul, le barbier. « Je vous promets que je ne resterai pas une minute de plus au camp, au moment où j'aurai la preuve qu'il n'y a pas de combat dans mon village. »

Gulazda, un cordonnier de Peshawar âgé de 50 ans, en a convenu : « Ma famille se trouvait dans mon village natal dans la région de Bajaur quand les combats ont commencé et j'ai dû les faire venir à Peshawar. Maintenant je vis avec eux dans ce camp. Je n'ai pas les moyens de louer une maison. »

Malgré l'assistance fournie dans les camps comme Katcha Garhi, la famille de Gulazda attend impatiemment de pouvoir rentrer chez elle pour retrouver une vie normale. « Ma femme et mes enfants sont venus à Peshawar pour la première fois. Leur village leur manque. Nous ne sommes pas habitués à vivre dans des camps », a-t-il dit.

* Les noms ont été modifiés pour des raisons de protection

 

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