Les lauréats de la distinction Nansen distribuent des vaches aux fermiers libanais

23 décembre 2008
Un fermier avec des vaches.

Les habitants de Khiam au Sud-Liban dépendent largement de l'agriculture, en particulier de l'industrie laitière, pour gagner leur vie. La courte guerre qui a ravagé le sud en 2006 a été dévastatrice, beaucoup d'entre eux ayant perdu leur bétail ou n'ayant pu accéder à de larges portions de leurs terres pendant des mois du fait des bombes à fragmentation, raconte le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Les habitants de Khiam au Sud-Liban dépendent largement de l'agriculture, en particulier de l'industrie laitière, pour gagner leur vie. La courte guerre qui a ravagé le sud en 2006 a été dévastatrice, beaucoup d'entre eux ayant perdu leur bétail ou n'ayant pu accéder à de larges portions de leurs terres pendant des mois du fait des bombes à fragmentation, raconte le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Samedi, les lauréats 2008 de la distinction Nansen, qui est décernée chaque année à une personne ou à un groupe en reconnaissance de son travail exceptionnel en faveur des réfugiés, sont arrivés dans le village avec des cadeaux qui ont été fort appréciés – six vaches en bonne santé. Ils espèrent que ces animaux permettront de stimuler la relance économique de ce village de 3.500 habitants, suite au conflit ayant opposé les troupes israéliennes et les milices du Hezbollah.

La distinction Nansen a été attribuée cette année aux équipes de déminage internationale et libanaise qui ont travaillé pour le Centre de coordination de l'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban (UNMACC) en débarrassant les villages et les terres agricoles sud-libanais de plus de 150.000 sous-munitions éparpillées par les bombes à fragmentation, permettant ainsi à des milliers de personnes déplacées de rentrer chez elles.

Ce prix annuel – le plus prestigieux du HCR – est assorti d'une récompense de 100.000 dollars offerte par les gouvernements suisse et norvégien et qui est destinée à des projets d'aide et de protection en faveur des personnes déplacées. L'UNMACC a choisi d'utiliser cette somme pour aider les communautés agricoles à se rétablir à Khiam et dans six autres villages.

« Pour nous, la nécessité d'assister les fermiers était évidente. Ce sont eux qui ont été le plus affectés par la présence de bombes à fragmentation sur leurs terres », a déclaré la porte-parole de l'UNMACC, Dalia Farran. « Nous leur donnons plus que des vaches, nous leur donnons de l'espoir. Nous donnons aussi aux villageois un sens de l'autosuffisance. »

Quelque 300 personnes bénéficieront de ce projet de distribution de bétail dans sept villages. A Khiam, samedi, des producteurs de lait se sont réunis, impatients, devant la mairie pour tirer au sort les futurs propriétaires. La moitié d'entre eux ont perdu leurs vaches, leur unique source de revenu, au cours de la guerre et beaucoup n'avaient pas les fonds suffisants pour les remplacer. Ils ont donc dû trouver un autre travail.

« Pendant la guerre, j'ai perdu 16 vaches. Seuls deux veaux ont survécu aux 33 jours de conflit. Ma terre est pleine de bombes à fragmentation. J'ai tout perdu », raconte Ali Abdo Khreiss, l'un des heureux gagnants du tirage.

La perte de leur principal bien a eu des conséquences économiques énormes sur les producteurs de lait de Khiam ; elle a aussi eu des répercussions sur le village dans son entier. « S'occuper des vaches était une affaire de famille et c'était une activité lucrative. Ils étaient autosuffisants et satisfaits », explique Nayef Khreis, un des membres de la mairie. « Après la guerre, la plupart d'entre eux ont dû trouver du travail dans des fermes industrielles comme journaliers. »

Avec les vaches laitières, les gens pouvaient vivre des 20 à 25 kilos de lait obtenus par jour et gagner en plus un peu d'argent pour mener une existence confortable. « Nous vivons du beurre, du yaourt et du lait de la vache. Nous élevons nos enfants grâce à ces produits laitiers », explique Mohamad, un habitant d'un village voisin qui est aussi père de quatre enfants.

 

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