200 millions de migrants exposés à la crise économique

18 décembre 2008
Des garde-côtes espagnols donnent des instructions après avoir intercepté un bateau de clandestins au large de l'île de Tenerife.

La crise économique expose les plus de 200 millions de migrants dans le monde à un risque croissant de misère, de stigmatisation, de discrimination et d'abus, s'est inquiété jeudi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion de la Journée internationale des migrants célébrée le 18 décembre.

« Les informations concernant des licenciements et la diminution des sommes envoyées au pays d'origine ne révèlent qu'une partie des effets de la crise », souligne un message du Secrétaire général. « Les politiques contre les migrants sont de plus en plus restrictives. On assiste encore à la criminalisation de la migration et même à la détention de rigueur », déplore-t-il.

C'est pourquoi la meilleure façon de sauver les migrants des abus est de contribuer au développement dans les pays de départ et au renforcement des droits des migrants dans les pays de destination, a dit le Secrétaire général.

De son côté, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a rappelé que « tous les migrants avaient le droit à la dignité et à la justice, comme tout le monde », alors que la Journée internationale des migrants tombe cette année quelques jours après la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme .

Mme Pillay a regretté que la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, adoptée en 1990, ait mis 13 ans pour obtenir assez de ratifications pour entrer en vigueur et qu'après 18 ans seuls 40 Etats Membres l'avaient fait.

« Soixante ans après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la notion que les non-ressortissants bénéficient des droits de l'homme de la même façon que les nationaux n'est toujours pas reconnue par la majorité des Etats Membres », a dit la Haut Commissaire.

Ils sont encore soumis à des discriminations, à des conditions de travail et à une paie inférieures à celle des citoyens du pays où ils sont installés et sont exclus de la sécurité sociale ou de l'aide au logement.

« En résumé, il semble que les Etats, même s'ils dépendent d'eux pour toute une série de services, se contentent néanmoins de les traiter comme des êtres humains de seconde classe », a-t-elle dénoncé.

 

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