Liban : L'affaire Hariri sera un jour élucidée, selon le chef de la Commission d'enquête

17 décembre 2008
Daniel Bellemare, Procureur du Tribunal spécial pour le Liban.

Le Conseil de sécurité a prorogé mercredi jusqu'au 28 février 2009 le mandat de la Commission d'enquête internationale indépendante qui enquête sur plusieurs assassinats politiques au Liban dont celui de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri - une affaire dont le chef de la Commission d'enquête estime qu'elle sera un jour élucidée.

Le mandat de la Commission, dont l'expiration est fixée au 31 décembre, a été prorogé à l'unanimité par le Conseil. Le chef de la Commission d'enquête internationale, Daniel Bellemare, avait demandé une prorogation de deux mois afin de faire la jonction avec l'entrée en fonctions du Tribunal international spécial pour le Liban, le 1er mars 2009, institution dont il sera le procureur, rappelle un communiqué.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé pour sa part officiellement que le Tribunal spécial pour le Liban commencera à fonctionner le 1er mars 2009.

M. Bellemare a constaté qu'il régnait une certaine confusion concernant l'après 1er mars. Une grande partie de cette confusion est une question de vocabulaire, a-t-il estimé, précisant que pour de nombreuses personnes, le mot « tribunal » équivaut à « procès ». Il n'est pas surprenant par conséquent que lorsque le Secrétaire général a annoncé que le Tribunal serait prêt à fonctionner le 1er mars, les gens aient aussitôt pensé que cela voulait dire que des inculpations seraient prononcées et qu'un procès s'ouvrirait aussitôt après, a expliqué M. Bellemare.

M. Bellemare a rappelé qu'il avait deux responsabilités distinctes, celle d'instruire l'enquête et celle d'entamer des poursuites. Lorsqu'il deviendra procureur, on ne devra donc pas être surpris qu'il poursuive sa première tâche car « l'enquête se poursuit ». « La justice fast food n'est pas au menu », a prévenu M. Bellemare.

Même si « cette enquête est probablement l'une des plus difficiles » réalisées dans la période récente, l'affaire Hariri « peut être élucidée », selon lui.

Le public doit être convaincu que le processus actuel a été mis sur pied pour découvrir la vérité, établir la justice et, au bout du compte mettre un terme à l'impunité, a-t-il insisté. Le public doit être convaincu que la Commission est professionnelle, qu'elle est « objective, neutre et impartiale », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que l'enquête avait progressé depuis son dernier rapport. Il est déjà établi qu'un réseau d'individus a agi de concert pour commettre l'assassinat. De nouveaux indices permettent de lier de nouveaux individus à ce réseau. Des progrès ont aussi été accomplis dans le sens de l'établissement de l'origine géographique du kamikaze dans le cas Hariri. De nouveaux indices permettent aussi de lier le cas Hariri aux autres assassinats.

« Je sais que les gens veulent avoir des détails. Ils veulent connaître la nature exacte du progrès accompli et ce que la Commission a découvert jusqu'à présent, ainsi que les pistes qui sont actuellement suivies. J'en ai dit autant que je le pouvais, de manière responsable », a expliqué M. Bellemare, qui a rappelé que des vies étaient menacées. « Lorsque je serai prêt, je présenterai mon dossier à un juge qui décidera si nous avons des preuves suffisantes pour procéder à des inculpations ».

 

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