A Poznan, Ban appelle à une révolution copernicienne sur le climat

11 décembre 2008

Au pays de Copernic, la Pologne, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé de nouveau jeudi à une action urgente pour lutter contre le changement climatique et a encouragé l'Europe et les Etats-Unis à faire preuve de leadership pour adopter des plafonds significatifs en matière d'émission de gaz à effet de serre.

« Lançons une nouvelle révolution copernicienne, une révolution de la pensée, une révolution en action », a dit M. Ban en référence à Nicolas Copernic, qui, en 1515, a été le premier à développer la théorie selon laquelle la terre tourne autour du soleil et que la terre n'est pas le centre de l'univers.

Le Secrétaire général s'exprimait à la réunion de haut niveau de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de Poznan, à laquelle participent près de 10.000 experts, représentants de gouvernements et membres de la société civile.

Il a salué l'adoption d'un plan de travail pour l'année prochaine dans la perspective de la conférence finale de Copenhague fin 2009. Il a exhorté les participants à décider, « dès maintenant, et pas en 2012 » - date de l'expiration du Protocole de Kyoto -, d'un plan d'action pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques.

Il a enfin appelé à ce que les pays réaffirment le caractère urgent de la cause de la lutte contre le changement climatique.

Ban Ki-moon a fait directement référence au leadership de l'Europe, dont les dirigeants sont réunis au même moment sur la question à Bruxelles ainsi qu'à celui du prochain gouvernement des Etats-Unis de Barack Obama.

« Il n'y a pas de retour en arrière possible sur les engagements qui ont été pris sur le carbone. Il faut en finir avec le blocage : à qui la faute, qui doit commencer », a-t-il insisté.

Le Secrétaire général a réitéré son appel à un « New Deal Vert » et cité en exemple des pays comme le Danemark et le Brésil qui ont su intégrer l'écologie à leur industrialisation et à leur croissance, ainsi que les initiatives prises par la Chine et l'Inde.

La lutte contre le changement climatique et celle contre la crise financière actuelle ont ceci en commun qu'elles requièrent un ensemble de mesure de relance massives, et qu'elles doivent toutes deux aller à des projets « verts », a martelé Ban Ki-moon.

En marge du sommet, le Japon a annoncé qu’il allouait 92,1 millions de dollars à un projet du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d’autres agences des Nations Unies pour aider 22 pays d’Afrique à prendre des mesures d’adaptation aux changements climatiques.

On sait déjà que l’Afrique risque de connaître une augmentation de la température de 3 à 4 degrés Celsius au cours du XXIème siècle, avec les conséquences que l’on sait sur les récoltes, la rareté de l’eau et les risques de santé, qui frappent toujours en premier les plus pauvres.

Les pays concernés sont notamment le Burkina Faso, le Cameroun, l’Ethiopie, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Malawi, le Maroc, le Mozambique, la Namibie, le Nigéria, le Niger, la République du Congo et le Sénégal.

Ce projet entre dans le cadre de l’initiative « Cool Earth Partnership » lancée par le Japon, d’un montant de 10 milliards de dollars.

 

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