La situation au Darfour représente toujours un énorme défi, selon Holmes

3 décembre 2008
John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires.

La situation au Darfour (Soudan) représente toujours un énorme défi, a déclaré mercredi devant le Conseil de sécurité le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, John Holmes, qui vient d'effectuer une visite au Soudan et au Tchad.

« On peut critiquer le gouvernement du Soudan pour la poursuite des violations des droits de l'homme, pour ne pas désarmer les milices, pour ne pas toujours faciliter les opérations humanitaires, ou pour avoir déclaré un cessez-le-feu qu'il a presque immédiatement violé. Néanmoins, les mouvements rebelles n'ont pas déclaré de cessez-le-feu et n'ont pas montré un grand empressement à s'engager dans un processus politique et ils n'ont pas non plus apporté leur aide aux opérations humanitaires. Ils ont aussi à répondre à beaucoup de questions », a souligné M. Holmes.

En attendant, relève-t-il, la situation au Darfour continue de causer des dommages incalculables à la population et à l'environnement. « Une génération est en train de grandir dans les camps sans connaître ce qu'il y avait avant. Comment réagiront-ils si et quand la vraie paix sera de retour ? Combien d'entre eux retourneront dans leurs villages, dans certains cas déjà occupés par d'autres ? Les secours humanitaires ne peuvent pas répondre à ces questions. Seule une action politique décisive le peut », a souligné le Secrétaire général adjoint.

Il a jugé nécessaire que l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) « continue d'utiliser ses capacités actuelles et futures pour améliorer la protection des civils, notamment dans les camps proches des principales villes, comme elle l'a fait avec succès au camp de Kalma, au Sud-Darfour ». « Cela contribuera à réduire également les tensions en général », a-t-il ajouté.

Concernant sa visite au Tchad, John Holmes a déclaré qu'il était revenu de ce pays « légèrement plus optimiste » sur les perspectives d'avenir, notamment en ce qui concerne les efforts humanitaires des Nations Unies, que ce qu'il escomptait.

« Toutefois, les risques de détérioration rapide restent élevés. La communauté internationale, et ce Conseil, ne peuvent pas se permettre de négliger le Tchad », a-t-il ajouté.

Il a noté que la situation humanitaire était relativement stable en terme de nombres de personnes concernées, avec environ 263.000 réfugiés du Darfour, 57.000 de République centrafricaine et 180.000 déplacés internes. Selon lui, toutefois, « la politisation et la militarisation des camps de réfugiés et des sites de déplacés sont une source majeure et croissante de préoccupation ». « Il y a malheureusement peu de perspectives immédiates de retour pour les réfugiés soudanais, qui sont au Tchad depuis les cinq dernières années, en l'absence d'un règlement au Darfour », a dit M. Holmes.

 

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