Génocide rwandais : Le chanteur Simon Bikindi condamné à 15 ans de prison

2 décembre 2008
Eugénie Mukeshimana, survivante du génocide au Rwanda, allume une bougie lors de la commémoration du 14e anniversaire du génocide (avril 2008).

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a condamné mardi le chanteur rwandais Simon Bikindi pour incitation au génocide en 1994.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a condamné mardi le chanteur rwandais Simon Bikindi pour incitation au génocide en 1994.

Simon Bikindi était directeur d'un ballet, l'Irindiro, compositeur et chanteur célèbre au moment du génocide qui a fait plus de 800.000 morts parmi les Tutsis et les Hutus opposants aux violences.

Simon Bikindi a été condamné pour génocide, incitation publique et directe au génocide, meurtre et persécution, tous constitutifs de crimes contre l'humanité. Il est accusé d'avoir été responsable d'attaques spécifiques dans la préfecture de Gisenyi, perpétrées par des membres des Interahamwe, dont certains appartenaient à sa troupe.

Trois chansons sont visées spécifiquement dans l'acte d'accusation, Twasezereye, Nanga Abahutu et Bene Sebahinzi, parce qu'elles manipulaient l'histoire du Rwanda pour créer une solidarité hutue et incitaient à la violence.

Le chanteur s'était installé en juin 1994 dans un véhicule équipé de haut-parleurs sur la route entre Kivumu et Kavoye, pour inciter la population au meurtre et à l'extermination des Tutsis. Le fait qu'il ait aussi abusé de sa position, c'est-à-dire de sa célébrité, pour commettre ces actes a été considéré par le Tribunal comme un facteur aggravant.

Simon Bikindi a été arrêté aux Pays-Bas le 12 juillet 2001 et transféré au TPIR le 27 mars 2002. Les années de détention préventive sont décomptées du total de sa peine.

 

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