RDC : Des experts de l'ONU inquiets de la gravité des violations des droits de l'homme

28 novembre 2008

Des experts auprès des Nations Unies se déclarent préoccupés par la gravité des violations des droits de l'homme dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), alors que le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies se réunissait vendredi pour une séance spéciale sur la situation dans cette région.

« La situation humanitaire et sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo s'est à nouveau détériorée avec la reprise des hostilités au Nord-Kivu. La population civile est en danger alors que nous continuons à recevoir des informations sur des violations sérieuses des droits de l'homme et infractions graves du droit international humanitaire », a déclaré ce groupe d'experts dans un communiqué.

« Nous avons reçu de nombreuses allégations d'exécutions extrajudiciaires ainsi que de meurtres et massacres de civils. Ces allégations doivent faire l'objet d'enquêtes approfondies et les auteurs être traduits en justice », a ajouté le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Philip Alston. Il a également souligné la nécessité pour les commandants présents dans la région de prendre les mesures nécessaires visant à mettre un terme à ces exactions.

La rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et conséquences, Yakin Ertürk, s'est alarmée pour sa part de la soudaine recrudescence de viols qui auraient été commis par des hommes armés dans l'Est de la RDC. Elle a rappelé les craintes soulevées par la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, à l'occasion de la Journée pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. « Le viol continue d'être utilisé comme arme de guerre et les femmes et filles se retrouvent sans protection. Le fléau de la violence dont sont victimes les femmes en RDC, ne cessera que lorsque tous les viols seront punis et le climat d'impunité dont bénéficient les auteurs de viols fermement combattu. En outre, la situation des défenseurs des droits des femmes, qui font également l'objet de menaces, me préoccupe », a dit Mme Ertürk.

Le représentant du Secrétaire général sur les personnes déplacées dans leur propre pays, Walter Kälin, a estimé de son côté qu'au moins 250.000 personnes ont été déplacées dans l'est de la RDC depuis le début de la crise. «La population civile doit fuir les combats à la recherche d'une protection qui demeure incertaine. En effet, dans certains cas les civils sont attaqués par les forces rebelles et dans d'autres les soldats qui étaient sensés les protéger se sont livrés au pillage de leurs villages, ce qui a généré des déplacements massifs de populations », a-t-il dit. M. Kälin s'est aussi dit préoccupé par le sort des personnes déplacées qui feraient l'objet d'attaques au sein même de leurs camps.

La rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya, a souligné de son côté que « selon les informations reçues, les défenseurs des droits de l'homme, notamment des journalistes et des membres de la société civile, font l'objet de menaces, d'attaques ainsi que d'arrestations et détentions arbitraires depuis la reprise des hostilités. »

Les experts indépendants rappellent que le pillage, le viol et le meurtre commis dans le contexte d'un conflit armé sont constitutifs de crimes de guerre : « Les commandants qui savent que leurs subordonnés ont commis de tels crimes et qui n'ont pas pris les mesures nécessaires pour les empêcher sont pénalement responsables et doivent être traduits en justice. » Ils demandent aux parties au conflit armé de respecter les droits de l'homme et le droit international humanitaire, de respecter les engagements de cessez-le-feu et de permettre aux agences humanitaires un accès libre et sans encombre aux populations dans le besoin conformément au droit international.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

RDC : Ban exhorte les groupes armés à mettre fin au recrutement d'enfants

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, exhorte les parties aux conflits en République démocratique du Congo (RDC) de mettre fin à tout recrutement d'enfants et à libérer sans conditions tous ceux qui sont actuellement embrigadés dans leurs forces, dans un rapport rendu public lundi.