Myanmar : Des experts dénoncent les lourdes peines de prison et procès injustes

18 novembre 2008

Cinq experts des Nations Unies ont fermement condamné mardi les lourdes peines de prison et les procès injustes qui ont frappé des prisonniers de conscience au Myanmar, selon un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Cinq experts des Nations Unies ont fermement condamné mardi les lourdes peines de prison et les procès injustes qui ont frappé des prisonniers de conscience au Myanmar, selon un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Après un an de détention arbitraire, des dizaines d'individus qui avaient été arrêtés en liaison avec des manifestations pacifiques au Myanmar l'an dernier ont commencé à être jugés depuis août 2008.

Selon les rapporteurs spéciaux Tomas Ojea Quintana (sur la situation des droits de l'homme au Myanmar), Leandro Despouy (sur l'indépendance des juges et des avocats), Frank La Rue (sur la liberté d'opinion et d'expression), Margaret Sekaggya (sur les défenseurs des droits de l'homme) et Asma Jahangir (liberté de religion ou de croyance), les audiences à huis-clos se déroulent à l'intérieur des prisons devant des tribunaux qui manquent d'indépendance et d'impartialité.

Trois des avocats de la défense ont été condamnés à plusieurs mois de prison après qu'ils ont transmis les plaintes de leurs clients dénonçant des procès injustes. Depuis début novembre, plusieurs autres avocats de la défense se sont vus interdire de représenter leurs clients.

La semaine dernière, une dizaine de détenus, dont plusieurs femmes, ont été condamnés chacun à 65 ans de prison. Plus de 20 autres détenus, dont cinq moines, ont été récemment condamnés à des peines allant jusqu'à 24 ans de prison. De nombreux autres prisonniers attendent encore leur jugement.

Les cinq experts de l'ONU appellent les autorités du Myanmar à cesser de harceler et d'arrêter des individus pour avoir exercé pacifiquement leurs droits reconnus internationalement. Ils demandent en outre que tous les détenus soient rejugés lors d'audiences publiques respectant les règles de procès juste et que leurs avocats soient libérés immédiatement.

Ils appellent de nouveau à des réformes pour une transition vers un gouvernement civil et démocratique multipartite, comme le prévoit la nouvelle Constitution. Dans ce contexte, ils appellent les autorités à commencer immédiatement à travailler à mettre en œuvre des réformes indispensables afin que des élections libres et justes soient organisées en 2010. Cela inclut une révision de la législation nationale pour s'assurer qu'elle respecte les critères internationaux en matière de droits de l'homme, la libération de prisonniers de conscience et la réforme des forces armées et du système judiciaire.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.