Liban : L'apparition de nouveaux groupes armés dans la région de Tripoli est préoccupante

30 octobre 2008

En dépit des progrès dans l'application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité visant à renforcer la souveraineté du Liban, le Hezbollah conserve son armement en violation de ce texte et l'apparition de nouveaux groupes armés étrangers au Liban dans la ville de Tripoli est extrêmement préoccupante, a affirmé aujourd'hui l'envoyé de l'ONU au Liban.

« La résolution 1559 du Conseil de sécurité reste un mécanisme de soutien international à la mise en œuvre par les Libanais des dispositions pertinentes de l'Accord de Taëf de 1989, et notamment de celles qui prévoient que toutes les milices, libanaises ou non libanaises, doivent désarmer et se dissoudre », a déclaré jeudi au Conseil de sécurité Terje Roed-Larsen, envoyé Spécial du Secrétaire général pour la mise en œuvre de la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité.

Pour lui, le recours aux armes par le Hezbollah pour empêcher le gouvernement de démanteler son réseau de communication a constitué « un défi direct à l'autorité du gouvernement et à ses tentatives pour consolider sa souveraineté ».

Il a rappelé que le Secrétaire général avait émis la crainte que les séquelles des affrontements du printemps risquaient d'entraîner un processus de réarmement au Liban, qui pourrait menacer la tenue des élections du printemps 2009.

L'envoyé spécial a par ailleurs fait état de l'« extrême préoccupation » du Secrétaire général face à l'apparition et au renforcement apparent d'éléments armés étrangers au Liban, notamment dans la région de Tripoli.

Sur une note plus positive, M. Roed-Larsen a indiqué que de plus importants progrès obtenus durant les six derniers mois dans la mise en œuvre de la résolution 1559 ont été acquis avec l'élection libre et équitable d'un président, conformément aux règles de la Constitution libanaise.

L'élection, qui a eu lieu le 25 mai 2008 dans la foulée de l'Accord de Doha signé quatre jours plus tôt, a « ravivé le processus politique au Liban », a-t-il estimé. Il a rappelé que, le 30 septembre, le Parlement libanais avait adopté une nouvelle loi électorale fondée sur l'Accord de Doha, qui ouvre la voie à la tenue d'élections parlementaires au printemps prochain.

L'envoyé spécial s'est également félicité du rapprochement entre le Liban et la Syrie, concrétisé dans l'Accord de Damas du mois d'août. Il a rappelé que le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1680 (2006), a encouragé le Liban et la Syrie à établir des relations diplomatiques et à délimiter leur frontière commune. Il s'est inquiété à cet égard de la « porosité » de la frontière entre les deux pays, tout en rappelant que la Syrie a continué de nier toute implication dans la violation de l'embargo sur les armes.

M. Roed-Larsen a enfin fait remarquer qu'Israël avait continué de violer régulièrement l'espace aérien libanais et d'occuper la partie nord de Ghajar en violation de la résolution 1701 (2006) qui avait établi un cessez-le-feu pour mettre fin aux combats entre le Hezbollah et Israël lors de l'été 2006.

 

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