RDC : L'ONU réclame un accès humanitaire d'urgence dans le Nord-Kivu

30 octobre 2008

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, John Holmes, a réclamé jeudi un accès humanitaire d'urgence dans la province du Nord-Kivu, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), où s'affrontent les rebelles du Congrès national du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda et les forces armées congolaises (FARDC).

M. Holmes a appelé « dans les termes les plus fermes le gouvernement, les civils et les petits groupes armés de la zone, à protéger les civils et à faciliter le travail du personnel humanitaire ».

Il a espéré « que le cessez-le-feu déclaré mercredi aiderait à restaurer rapidement des conditions de sécurité minimum et à permettre aux humanitaires d'évaluer la situation et de préparer des opérations d'urgence ».

De son côté, le chef de l'équipe intégrée pour les Grands Lacs et directeur de l'information de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), Kevin Kennedy, a indiqué jeudi que « le cessez-le-feu déclaré par Laurent Nkunda semblait tenir". "Une partie des unités des FARDC se sont démantelées et se sont déployées dans la ville de Goma (capitale provinciale du Nord-Kivu) où elles se livrent à des pillages, des tirs en l'air », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à New York.

« La MONUC fait de son mieux pour contrôler la situation et assurer une présence dans une ville d'un million d'habitants avec un bataillon de 850 soldats, mais en dépit de ses efforts, la MONUC ne dispose tout simplement pas des moyens de protéger tous les habitants de Goma », a-t-il dit.

M. Kennedy a affirmé que les forces du CNDP utilisaient les populations déplacées, en les faisant fuir à leur approche, en les chassant des camps de déplacés afin de rendre les mouvements et les capacités de réaction militaire de la MONUC très difficiles.

Il a aussi souligné qu'il fallait consolider le cessez-le-feu par une initiative diplomatique. La MONUC a organisé jeudi le transport du ministre des Affaires étrangères du Rwanda à Kinshasa, capitale de la RDC. « Si le Rwanda nie toute implication, il dispose en toute hypothèse d'une grande influence » a-t-il expliqué.

Mercredi soir, le Conseil de sécurité a exprimé sa très grande préoccupation face à la situation humanitaire en RDC, dans une déclaration de son président pour le mois d'octobre, Zhang Yesui (Chine).

Le Conseil a également pointé du doigt le CNDP, condammant la récente offensive des rebelles et leur demandant de mettre fin à leurs opérations. Les 15 membres ont salué l'annonce par Laurent Nkunda d'un cessez-le-feu immédiat et ont dit attendre que celui-ci soit mis en oeuvre de façon durable.

Le 29 octobre, la progression des troupes du CNDP vers Goma avait créé la panique parmi la population, de nombreux habitants fuyant la ville par tous les moyens possibles.

Le Conseil de sécurité a également appelé les autorités de la RDC et du Rwanda à prendre des mesures concrètes pour réduire les tensions et restaurer la stabilité dans la région et s'est déclaré préoccupé par les échanges de tir à l'arme lourde de part et d'autre de la frontière entre les deux pays.

Les membres du Conseil ont aussi souligné qu'ils avaient pris note de la demande de renforts faite par la MONUC et qu'ils allaient examiner rapidement cette question.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué jeudi que « peu d'informations étaient disponibles sur l'état des populations civiles ».

Selon l'OCHA, près de 70% de la population du Nord Kivu est aujourd'hui déplacée. Cette situation ne date pas de la semaine dernière, mais elle a brutalement empiré avec près de 40.000 nouveaux déplacés dans les dernières 48 heures, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Malgré les tensions à Goma et le conflit dans les environs, le Programme alimentaire mondial (PAM) a été en mesure de distribuer des stocks de nourriture dans plusieurs centre de distribution et hôpitaux de la ville, annonce l'agence jeudi.

Le PAM reste toutefois incapable de transporter quoi que ce soit en dehors de Goma, à cause de l'intensité des combats. « L'agence espère que cette situation changera rapidement et que les transports de nourriture pourront reprendre en particulier à destination des personnes déplacées ces derniers jours », indique un communiqué.

L'agence a prêté au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) cinq hangars temporaires pour servir d'abris aux populations à Kibati, au nord de Goma, dont la population s'élève maintenant à 45.000 personnes.

A Masisi et Rutshuru, au nord de Goma, le PAM a pu livrer des rations pour deux semaines, avant l'éruption des récents affrontements, samedi dernier.

Par ailleurs, la zone de Nyanzale, une région de collines dans le district de Rutshuru, à l'ouest du Parc national de la Virunga, reste inaccessible, ce qui est préoccupant en raison du grand nombre de déplacés qui s'y trouvent.

De son côté, le HCR a indiqué que près de 8.000 Congolais avaient passé la frontière au point de passage de Busanza pour entrer en Ouganda et se réfugier chez des amis, dans des bâtiments publics, des églises ou des écoles. Quelque 2.000 d’entre eux ont choisi de se rendre au camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda.

 

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