Processus de paix : les femmes encore marginalisées malgré des progrès modestes

29 octobre 2008

En dépit de l'adoption cette année de la résolution 1820 (2008) du Conseil de sécurité reconnaissant la violence sexuelle comme un problème de sécurité exigeant une réponse systématique, il existe encore un écart entre les politiques nationales et les principes consacrés dans la résolution, a affirmé mercredi la responsable de la parité à l'ONU, Rachel Mayanja.

« Malgré les progrès réalisés, les femmes continuent d'être marginalisées voire ignorées », et il est impensable que les femmes ne soient pas impliquées intégralement dans chaque étape des processus de paix et de reconstruction postconflit, a déclaré Mme Mayanja, Sous-Secrétaire générale et Conseillère spéciale pour la parité des sexes et la promotion de la femme lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

Si l'on remonte encore plus loin, « 10 États Membres seulement ont développé des actions spécifiques pour mettre en œuvre la résolution 1325, qui date de 2000, et cinq autres sont en train de le faire », a-t-elle ajouté, en référence à un texte qui appelait les Etats Membres ainsi que le Secrétariat de l'ONU à faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions.

« Dans divers pays où elles sont déployées, les opérations de maintien de la paix ont appuyé la participation des femmes aux élections, à la fois comme électrices et candidates », a rappelé de son côté le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy.

« Dans certains pays des quotas de femmes dans les parlements ont été imposés. Mais il faut aussi s'assurer que les femmes élues restent à leur poste », a ajouté M. Le Roy, qui a rappelé qu'au Timor-Leste, quatre femmes parlementaires avaient quitté leur siège trois mois après leur élection.

Ce dernier a mentionné les mesures prises par le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU (DPKO selon l'acronyme anglais) sur le terrain, où deux femmes ont été nommées l'an dernier au poste de représentantes spéciales adjointes, portant à six le nombre des femmes représentantes spéciales ou représentantes spéciales adjointes du Secrétaire général. Il a cependant qualifié ces progrès de « modestes ».

Il a aussi déclaré compter sur les pays fournisseurs de troupes pour qu'ils nomment davantage de femmes, notamment parmi les observateurs militaires et les forces de police, regrettant qu'aucune femme ne soit encore commandant ou commandant adjoint d'une des forces des Nations Unies.

Enfin, Inès Alberti, directrice exécutive du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), a plaidé pour un renforcement de la présence physique des femmes qui soit visible dans les processus de paix, rappelant qu'elles ne représentent en général que 7% des négociateurs dans les cinq accords généraux de paix et 24% des observateurs dans les trois processus de paix récents pour lesquels des données étaient disponibles.

 

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