RDC : Le Secrétaire général alarmé par l'escalade de la violence au Nord Kivu

29 octobre 2008

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré mercredi alarmé par l'escalade de la violence qui crée une crise humanitaire de dimensions catastrophiques et menace la région de graves conséquences.

Des dizaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir les camps et les villages au nord de Goma en raison de la reprise des combats, samedi, entre les rebelles du CNDP aux ordres de l'ex-général Laurent Nkunda et les Forces armées de la RDC (FARDC).

Ban Ki-moon a appelé toutes les parties à « cesser immédiatement les hostilités » et condamné « le recours aux civils comme boucliers humains ainsi que leur prise pour cible délibérée par les belligérants », dans un message transmis par sa porte-parole Michèle Montas.

Le Secrétaire général a appelé notamment « tous ceux qui ont une influence sur les forces sur le terrain à faire tout leur possible pour restaurer un cessez-le-feu effectif ». La déclaration précise qu'au cours des dernières 48 heures Ban Ki-moon « a été en contact avec les principaux dirigeants de la région ».

La porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, a ajouté qu'il avait envoyé deux émissaires en RDC et au Rwanda pour parler aux présidents des deux pays.

Il a appelé aussi à cesser les menaces contre la ville de Goma et ses environs, le personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire et à garantir l'accès humanitaire.

Ban Ki-moon est particulièrement alarmé par les informations relatives à des échanges de tirs à l'arme lourde de part et d'autre de la frontière entre la RDC et le Rwanda.

Il se dit aussi préoccupé par « l'effondrement de la discipline dans certaines unités des FARDC », qui se seraient livrées à des pillages.

Le Conseil de sécurité devait avoir des consultations mercredi sur la situation en RDC, alors que ses membres ont condamné hier les attaques des forces rebelles.

Sur le plan humanitaire, Marie Okabe a rapporté que la situation restait très tendue autour de Goma mais qu'il n'y avait pas de combats dans la ville en ce moment, hormis des coups de feu sporadiques.

Près de 45.000 déplacés ont fui le camp de Kibati, à 10 km au nord de Goma, après avoir observé le retrait des forces gouvernementales.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) évoque une « marée humaine » se dirigeant vers Goma dans la panique.

Un millier d'autres Congolais fuiraient pour leur part vers l'Ouganda.

Enfin, le Programme alimentaire mondial (PAM) indique que son assistance humanitaire est compromise par les combats. Quinze de ses camions prêts à effectuer des livraisons attendent la première occasion qui se présentera.

Les populations du Nord et du Sud-Kivu, deux régions de l'Est de la RDC grande chacune comme la France, comptent chaque mois sur la livraison de 10.000 tonnes d'assistance de la part des Nations Unies. Mais le PAM annonce qu'il ne dispose que de 4.000 tonnes à l'heure actuelle.

 

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