L'armement du Hezbollah reste un défi à la souveraineté du Liban, selon un rapport

24 octobre 2008

Au cours des six derniers mois, le Liban s'est approché très près de la guerre civile, avant de s'en éloigner, estime le Secrétaire général dans son dernier rapport sur le Liban dans lequel il qualifie de centrale la question de l'armement du Hezbollah, défi à la souveraineté du gouvernement.

Les violences du mois de mai 2008 ont représenté « l'une des attaques les plus graves de ces dernières années contre les fondements mêmes de l'État libanais », et ont rappelé « à tous les Libanais la menace que constitue l'existence de groupes armés échappant au contrôle de l'État » affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, sur les problèmes qui continuent de faire obstacle au renforcement de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique du Liban.

Le Secrétaire général a salué les efforts en ce sens menés par le président Sleimane, ainsi que la première session du Dialogue national, qui s'est tenue le 16 septembre – réunion justement consacrée à la stratégie de défense nationale et à la question du statut des milices armées. Une autre réunion est prévue le 5 novembre.

Toujours sur la question de la sécurité, le Secrétaire général reste « préoccupé par les assassinats politiques et les attentats à l'explosif qui continuent de secouer le Liban », en particulier en ce qu'ils visent de façon « apparemment systématique » l'Armée libanaise, « symbole éminent de l'autorité de l'État ».

« Ces attentats mettent en évidence la prolifération des armes et la multiplication de groupes armés dont l'existence constitue une violation permanente des résolutions 1559 (2004) et 1701 (2006) du Conseil de sécurité », indique le Secrétaire général.

Ce dernier mentionne notamment « la question des armes du Hezbollah ». « Le fait que le Hezbollah conserve une infrastructure et des moyens militaires propres constitue un défi fondamental lancé à un gouvernement qui s'efforce de consolider la souveraineté et l'autorité de l'État libanais, et il fait obstacle à un dialogue constructif sur les questions politiques et de sécurité », affirme le rapport de Ban Ki-moon.

« Je réaffirme ma conviction que la dissolution et le désarmement des milices libanaises et non libanaises doivent passer par un dialogue politique ouvert à tous qui prenne en compte les intérêts politiques de l'ensemble des Libanais et dont l'aboutissement devra confirmer les prérogatives politiques et militaires exclusives du gouvernement libanais », affirme le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a par ailleurs salué comme « encourageants » l'évolution des relations entre le Liban et la République arabe syrienne et le lancement d'un processus de normalisation entre ces « deux voisins unis par des liens historiques », à savoir notamment la perspective de voir s'ouvrir d'ici la fin de l'année les ambassades des deux pays à Beyrouth et à Damas.

« Il importe maintenant qu'ils prennent les dispositions pour mettre en œuvre tous les autres points de l'accord conclu à Damas, qui consistent à : mettre en activité la commission mixte de délimitation de la frontière commune; mener des actions en commun pour mieux sécuriser la frontière; accélérer les travaux du comité mixte sur les personnes disparues dans les deux pays concernés; revoir objectivement les relations bilatérales, avec le souci de promouvoir les intérêts de l'un et de l'autre pays; et relancer la coopération économique et commerciale », ajoute le Secrétaire général.

 

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