Crise : Les inégalités urbaines pourraient s'accroître dans le monde, selon ONU-Habitat

23 octobre 2008
A Calcutta, en Inde, un policier porte un masque pour se protéger contre la pollution.

Le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles, qui s'élève actuellement à 1 milliard d'êtres humains, pourrait s'accroître à cause de la crise du crédit, selon un nouveau rapport bisannuel de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) publié jeudi.

Le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles, qui s'élève actuellement à 1 milliard d'êtres humains, pourrait s'accroître à cause de la crise du crédit, selon un nouveau rapport bisannuel de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains ( ONU-Habitat ) publié jeudi.

Le rapport sur « L'état des villes dans le monde 2008/2009» met l'accent sur l'accroissement des inégalités à l'intérieur des villes, phénomène qui n'est pas inévitable ainsi que l'ont montré les politiques menées dans plusieurs pays, selon un communiqué de l'agence.

Face à la crise du crédit, qui n'est que l'aboutissement d'un long processus, les gouvernements doivent prendre en charge la tâche de fournir des logements moins chers aux gens qui ont de faibles revenus, puisque le marché ne peut pas le faire, a dit Anna Tibaijuka, directrice exécutive d'ONU-Habitat.

« Or, on ne peut pas avoir de société harmonieuse si les gens n'ont pas de logement sûr », a-t-elle dit, prévenant que l'accroissement des inégalités réelles et perçues et la précipitation de nouvelles populations vers les bidonvilles étaient une recette pour davantage d'émeutes et de soulèvements sociaux.

Le rapport se concentre sur l'existence en parallèle, dans de nombreuses villes du monde, de quartiers riches et bien alimentés en services et de bidonvilles privés des services de base.

Ainsi, les villes les plus inégalitaires sont celles d'Afrique du Sud, suivies par celles du Brésil. Les villes de Colombie, d'Argentine, du Chili, de l'Equateur, du Guatemala et du Mexique sont parmi les plus inégalitaires. Et certaines villes d'Afrique comme Maputo (Mozambique), Nairobi (Kenya) et Abidjan (Côte d'Ivoire) suivent cette courbe.

En revanche, en Asie ce phénomène est moins répandu, même si l'inégalité urbaine a crû à Hong Kong (Chine), New Delhi (Inde), Ho Chi Minh Ville (Vietnam), Davao (Philippines) et Colombo (Sri Lanka).

Les villes chinoises sont parmi les plus égalitaires, mais Shenzhen par exemple rejoint le statut de Bangkok (Thaïlande) et Manille (Philippines) dans la région.

Enfin, le Bangladesh, l'Inde, le Pakistan et l'Indonésie connaissent des inégalités moins flagrantes, mais aussi une très forte pauvreté.

Les auteurs du rapport s'attendent à une croissance des inégalités en Inde, du fait de la libéralisation, de l'industrialisation et du manque d'investissement dans les services publics aux populations les plus vulnérables.

Le rapport prévoit aussi l'accroissement de la pauvreté dans les pays industrialisés.

Pourtant, les politiques menées en faveur des plus pauvres ont permis à la Malaisie de faire reculer sans cesse depuis les années 70 les inégalités, tout en alimentant la croissance. Le Rwanda a aussi montré que l'on peut obtenir une croissance qui profite à tous, selon le rapport.

 

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