Le président de Djibouti demande au Conseil de sécurité d'agir dans son conflit avec l'Erythrée

23 octobre 2008

Le président de Djibouti, Ismail Omar Guelleh, a demandé jeudi au Conseil de sécurité d'agir de manière urgente en vue d'obtenir de l'Érythrée qu'elle se plie à ses obligations internationales et accepte de coopérer pour résoudre le conflit frontalier entre les deux pays.

M. Guelleh a exhorté le Conseil de sécurité à exiger de l'Érythrée et de Djibouti « dans un délai d'environ trois semaines à se consacrer fondamentalement à la résolution de cette crise ». « Tout manquement à l'application d'une telle décision devrait donner lieu à des sanctions de la part du Conseil », a déclaré le président djiboutien. L'« agression » de l'Érythrée « ne doit être ni ignorée ni rester impunie ni même, ce qui est pire, être prise à la légère », a-t-il ajouté.

« Une inaction continue, sous quelque forme qu'elle soit, non seulement encouragerait mais gratifierait l'attitude de l'Érythrée », ne donnant à Djibouti que la guerre comme seule option, a également déclaré le chef de l'État, pour qui la priorité immédiate « est la démilitarisation du secteur du conflit, ainsi que le retrait des forces des deux pays dans leurs positions d'avant février 2008 ».

Cette réunion, la 6.000e du Conseil de sécurité depuis la création des Nations Unies, avait été demandée par Djibouti afin que le président Guelleh puisse s'exprimer sur cette question qui avait déjà donné lieu à une séance d'urgence, le 24 juin dernier.

Le représentant permanent de l'Érythrée auprès de l'ONU a assuré pour sa part qu'il n'y avait pas eu d'éléments nouveaux depuis le « bref incident du mois de juin » causé, a-t-il précisé, par une « attaque non provoquée de la part des Forces de Djibouti contre des Forces érythréennes situées en territoire érythréen ». Il a indiqué que si l'Érythrée souhaitait « rétablir et cultiver des relations de bon voisinage avec Djibouti sur la base du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriales », elle ne se laisserait pas entraîner, en revanche, « dans un conflit de diversion et artificiel ».

Le représentant de la France a estimé que le Conseil de sécurité ne devait « pas perdre de vue l'essentiel, c'est-à-dire les combats meurtriers, dont l'Érythrée est responsable, qui ont eu lieu à Doumeira en juin dernier et les effets de cette agression qui persistent ». Il a annoncé que la France se proposait d' « engager rapidement des consultations bilatérales », en vue de présenter « le moment venu » au Conseil de sécurité un projet de texte condamnant l'Érythrée si elle persistait dans son refus de tout dialogue et encourageant les efforts du président de la Commission de l'Union africaine et du Secrétaire général des Nations Unies.

Son homologue des États-Unis a demandé au Secrétaire général de l'ONU, conformément à la recommandation de la mission d'établissement des faits, de dépêcher un émissaire sur le terrain.

Dans une déclaration le 12 juin dernier, le Conseil de sécurité avait condamné l'action militaire conduite deux jours plus tôt par l'Érythrée contre Djibouti à Ras Doumeira et dans les îles de Doumeira. Il avait également demandé instamment aux deux parties de « retirer leurs forces pour revenir au statu quo ante » et d'« entreprendre des efforts diplomatiques en vue de résoudre la question pacifiquement et conformément au droit international ».

 

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