L'ONU célèbre la Journée mondiale de l'alimentation à New York avec Bill Clinton

23 octobre 2008
Après un largage de nourriture par le Programme alimentaire mondial, des villageois ramassent des grains dispersés sur le sol.

Les Nations Unies ont célébré jeudi la Journée mondiale de l'alimentation au siège de l'ONU à New York avec comme invité l'ancien président américain Bill Clinton et en présence du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et du directeur général de la l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf.

Le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel D'Escoto, et le président du Conseil économique et social, Léo Mérorès, participaient également à l'événement, a indiqué la porte-parole de Ban Ki-moon. La Journée mondiale de l'alimentation est célébrée chaque année le 16 octobre mais l'ONU a également choisi de marquer cette journée le 23 octobre au siège de l'Organisation.

« La Journée mondiale de l'alimentation cette année a lieu en une période de crise. Alors que la communauté internationale est concentrée sur la tourmente qui touche l'économie mondiale, je suis extrêmement préoccupé par le fait que pas assez n'est fait pour aider ceux qui souffrent le plus : les plus pauvres des pauvres », a déclaré M. Ban dans un discours.

Selon lui, « les problèmes structurels qui ont déclenché cette crise n'ont pas encore été résolus. Les difficultés actuelles ne feront que s'intensifier si nous ne réussissons pas à agir maintenant de manière résolue ». Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de près de 500% dans certaines parties d'Haïti et d'Ethiopie, a-t-il relevé. « Cela veut dire qu'une famille qui pouvait autrefois acheter cinq bols de riz tentent aujourd'hui de survivre avec un seul », a dit le Secrétaire général.

Il a appelé les gouvernements à s'assurer lors de la Conférence sur le financement du développement à Doha le mois prochain que la crise financière ne pèse pas sur les engagements en matière de développement.

Bill Clinton a appelé la communauté internationale à cesser d'utiliser la crise financière mondiale comme “excuse” pour éluder le problème de la faim qui s'aggrave, ajoutant que l'autosuffisance agricole est la seule réponse à long terme si l'on veut réduire la faim et prévenir d'autres malheurs financiers à l'avenir.

“La nourriture n'est pas une matière première comme les autres”, a dit M. Clinton qui dirige une ONG internationale portant son nom. “Nous devrions retourner à une politique d'autosuffisance agricole maximum”, a-t-il souligné. Alors qu'il y aura toujours un marché mondial pour des cultures comme le riz, le blé ou le maïs, a-t-il ajouté “il serait insensé de considérer la nourriture comme un téléviseur couleur et penser qu'il est possible de développer beaucoup de ces pays où je travaille sans renforcer leur capacité à se nourrir par leurs propres moyens”.

M. Clinton a préconisé le renforcement du commerce équitable et des programmes de commercialisation directe ainsi que d'autres mesures susceptibles de réduire le déséquilibre entre les producteurs agricoles des pays développés et les agriculteurs – des petits paysans pour la plupart – qui produisent la plus grande partie des aliments consommés dans le monde.

De son côté, le président de l'Assemblée générale, Miguel D'Escoto, a appelé la communauté internationale à « chercher des solutions qui transcendent les intérêts nationaux étroitement définis » et les pays donateurs à augmenter leur assistance aux pays en développement au lieu de la réduire.

« N'attendons pas le moment où les pauvres et les exclus descendront dans la rue pour prendre nos responsabilités », a dit M. D'Escoto.

Pour sa part, Jacques Diouf a mis en garde contre les conséquences sociales plus larges qui pourraient résulter de l'absence de solution au problème de la faim. “L'élargissement du fossé entre la richesse fabuleuse et la pauvreté abjecte a poussé un grand nombre de démunis et de désespérés à s'exiler, outre mer ou à travers les continents, à la recherche de la terre promise. Confrontés à l'immigration, certains riches se sont barricadés dans leurs forteresses”, a-t-il dit.

M. Diouf a appelé à une révision urgente des droits de douane et d'autres barrières techniques qui “dénaturent les règles de la concurrence du commerce international”. “Nous devons bâtir de nouvelles relations internationales qui puissent procurer aux agriculteurs des pays développés des revenus comparables à ceux de leurs concitoyens des secteurs secondaire et tertiaire, mais sans pénaliser les agriculteurs des pays en développement”, a-t-il souligné.

Selon lui, les Etats-Unis, les pays du G8, le G5, le Conseil de coopération du Golfe et les autres Etats membres de la FAO et des Nations Unies devraient être capables de convoquer, durant la seconde moitié de 2009, un Sommet mondial sur la sécurité alimentaire au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement en vue de parvenir à un large consensus pour éradiquer la faim dans le monde.

“Ce nouveau Sommet alimentaire mondial, a poursuivi M. Diouf, devrait permettre de trouver 30 milliards de dollars par an pour développer les infrastructures rurales et stimuler la productivité agricole dans les pays les moins développés.”

Selon les derniers chiffres de la FAO, 75 millions de personnes ont rejoint, en 2007, les rangs des affamés, portant à 923 millions le nombre de sous-alimentés dans le monde.

 

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