Le chef humanitaire de l'ONU en Haïti pour évaluer la situation humanitaire

23 octobre 2008

Le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, John Holmes, est arrivé jeudi en Haïti pour y suivre les progrès des opérations humanitaires et envisager un plan de préparation aux catastrophes naturelles, une visite qui coïncide avec la fin de celle du directeur de la Banque mondiale, Robert Zoellick.

John Holmes, qui est aussi Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU, s'entretiendra avec les dirigeants haïtiens, notamment le président René Préval et la Premier ministre Michèle Pierre-Louis, et des représentants de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), indique un communiqué.

Il se rendra aussi vendredi à Gonaïves, la ville la plus touchée par la série d'ouragans qui ont frappé Haïti cet été.

La saison des ouragans, de Fay à la mi-août à Gustav puis Hanna et enfin Ike, a fait 790 morts et porté un coup aux efforts de lutte contre la pauvreté dans un pays déjà affecté par la hausse du prix des denrées alimentaires.

Les agences humanitaires ont lancé un appel conjoint de 106 millions de dollars pour couvrir les secours sur les six prochains mois. Jusqu'à présent 24,8 millions de dollars seulement ont été promis par les donateurs.

Lors de sa visite mardi et mercredi en Haïti, le directeur du groupe de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a notamment survolé, à bord d'un hélicoptère de la MINUSTAH, les zones qui ont été affectées par les dernières inondations, en particulier Gonaïves.

Le coût des destructions des infrastructures (habitations, ponts et routes) s'élèverait à un milliard de dollars, selon une « évaluation brute ». C'est «beaucoup pour un pays de 8 millions d'habitants », a dit M. Zoellick.

Le président de la Banque avait annoncé, le 9 octobre, un « don d'urgence supplémentaire » de 25 millions de dollars, dont une partie doit «servir à la réhabilitation des infrastructures détruites ». Dans le domaine de l'éducation, la Banque intervient au niveau des frais de scolarité afin d' «aider des enfants à aller à l'école ».

L'ensemble des 13 projets de la Banque mondiale dans le pays représente un montant de 168,7 millions de dollars, outre un financement additionnel de 10 millions de dollars prévu dans le cadre du « Projet d'Appui à la Gouvernance Economique II ».

Les projets touchent les domaines suivants : eau et assainissement, développement communautaire, transport et développement territorial, gestion des risques et désastres, éducation, électricité, ainsi que l'appui à la gouvernance économique.

La gestion des risques et des désastres recueille une part significative de l'aide accordée par la Banque mondiale. Un projet d'urgence et de gestion des risques et des désastres de 19,4 millions de dollars est en cours et la Banque mondiale finance, à hauteur de 9 millions de dollars, un projet d'assurance contre les risques de catastrophes.

La dette totale d'Haïti vis-à-vis de la Banque mondiale est de 540 millions de dollars. Le pays a déjà bénéficié d'une annulation de 52,8 millions de dollars. Le processus continue mais il reste lié à la réalisation par le gouvernement des réformes nécessaires devant conduire entre autres à la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance économique. Aussi la Banque mondiale espère-t-elle que d'ici à fin juin 2009 les réformes auront abouti afin que la totalité de la dette puisse être annulée.

 

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