Ban appelle à ne pas oublier les pauvres dans la tourmente financière

17 octobre 2008

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé vendredi à ne pas oublier les pauvres dans la tourmente financière actuelle, à l'occasion de la célébration de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté.

« L'envolée des prix des denrées alimentaires et des carburants, et la crise financière mondiale, menacent d'anéantir les progrès obtenus jusqu'à présent pour réduire la pauvreté et la faim dans bien des parties du monde », dit-il dans un message publié à l'occasion de cette journée. Il appelle les Etats membres à respecter les promesses faites lors du sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement fin septembre à New York.

L'experte indépendante de l'ONU sur la question des droits de l'homme et de la pauvreté extrême, Magdalena Sepulveda, s'est également inquiétée de l'impact que la crise financière actuelle aurait sur ceux qui vivent dans la pauvreté et sur les 16 milliards de dollars promis au sommet sur les objectifs du Millénaire. « L'actuelle tourmente financière fait craindre que ces promesses ne soient pas tenues », a-t-elle dit dans un communiqué.

« Maintenant plus que jamais, il faut comprendre que la protection des droits fondamentaux des pauvres n'est pas un luxe qui peut être ignoré dans des temps économiques difficiles », a-t-elle ajouté.

Dans son message, le Secrétaire général de l'ONU appelle également à ne pas oublier les droits de l'homme dans la lutte contre la pauvreté : « En cherchant à éliminer la pauvreté, il nous faut faire très attention aux droits de l'homme et à la dignité de tous. Il nous faut aller au-delà des nécessités matérielles de base pour nous occuper de la discrimination et de l'inégalité ».

Il rappelle que la Déclaration universelle des droits de l'homme, proclamée il y a 60 ans, affirme que « toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille ».

Aujourd'hui, « des centaines de millions d'être humains sont toujours privés de leurs droits fondamentaux, à l'alimentation, au logement, à l'éducation, à des conditions de travail décentes », constate le Secrétaire général. « Contraints de vivre dans la pauvreté, ils ont bien souvent à affronter l'exclusion sociale, la discrimination et l'aliénation. La misère prive les pauvres de leur dignité d'êtres humains », ajoute-t-il.

Selon lui, il faut faire en sorte que « tous les pauvres aient accès aux ressources dont ils besoin – terres, capitaux, savoir et compétences – pour échapper à la misère. » « Il nous faut leur donner les moyens de participer effectivement à la prise de décisions et aux autres activités qui ont des conséquences directes sur leur vie », ajoute-t-il.

De son côté, le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a rappelé que cette année marquait également le 10e anniversaire de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme. « Ces défenseurs des droits de l'homme sont aux avant-postes pour sonner l'alarme et protéger les droits des pauvres », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Notre responsabilité collective est de nous assurer que leurs efforts s'accompagnent d'une action concrète », a-t-elle ajouté.

 

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