L'ONU appelle les gouvernements à mieux protéger les hôpitaux contre les catastrophes naturelles

8 octobre 2008

Les Nations Unies ont lancé mercredi un cri d'alarme sur les coûts des catastrophes naturelles dans le secteur de la santé et ont appelé tous les gouvernements à mieux protéger les installations sanitaires, à l'occasion de la Journée internationale pour prévention des catastrophes qui tombe cette année le jour de la troisième commémoration du tremblement de terre au Pakistan.

« Nous devons bâtir des centres de soin et des installations sanitaires capables de résister aux aléas naturels et aux crises d'urgence », affirme le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, citée dans un communiqué du secrétariat de la Stratégie internationale pour prévention des catastrophes (ONU/SIPC). « Si nous ne le faisons pas, des vies seront perdues inutilement – à la fois lors des catastrophes et après qu'elles soient survenues », ajoute-t-elle.

Il y a trois ans jour pour jour au Pakistan, 73% des installations sanitaires étaient détruites dans la zone affectée par le tremblement de terre et étaient incapables de fonctionner à un moment où elles étaient les plus utiles pour des millions de victimes.

L'ONU/SIPC a lancé en début d'année la Campagne mondiale pour la prévention des catastrophes intitulée « Des hôpitaux à l'abri des catastrophes ». Un panel de discussions intitulé « Sauver des vies : Pour des hôpitaux et des écoles mieux protégés contre les catastrophes » organisé par l'ONU/SPIC, avec le soutien de l'OMS et de la Banque mondiale, devait avoir lieu mercredi à New York pour rappeler combien il est urgent d'agir.

Un site internet global sur la 'Campagne pour la prévention des catastrophes : Des hôpitaux à l'abri des catastrophes' devait également être lancé mercredi, donnant des informations sur la campagne et les manières d'y contribuer (www.safehospitals.info).

« La vulnérabilité des systèmes de santé a un impact majeur sur les finances nationales », explique le directeur de l'ONU/SIPC, Salvano Briceno. « Le coût immédiat des dommages causés par les catastrophes dans le secteur de la santé porte un sérieux coup aux budgets nationaux – alors que seulement 14% d'investissement initial dans des mesures de prévention pourrait mieux protéger les installations sanitaires contre les catastrophes ».

Dans la région affectée par le cyclone Nargis au Myanmar, 57% des structures sanitaires ont été affectées et une installation sur cinq a été complètement détruite. Lors du tremblement de terre de Wenchuan en Chine, 11.028 installations sanitaires ont été endommagées.

Il faut promouvoir une « culture mondiale » d'anticipation et de préparation à de tels phénomènes, a déclaré mardi le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, John Holmes. Rien qu'entre janvier et mai 2008, les catastrophes naturelles ont tué 230.000 personnes, faisant à peu près le même nombre de victimes que le tsunami qui a frappé l'Asie en 2004, a-t-il souligné.

Des progrès ont été accomplis ces dernières années par un certain nombre de pays, a-t-il dit, citant l'exemple du Mexique, dont la plate-forme de prévention des catastrophes s'appuie désormais sur un « Index de la sûreté des hôpitaux », tandis que Madagascar s'est doté d'un nouveau plan de prévention et de gestion des catastrophes, développé conjointement par les Nations Unies et la Banque mondiale. Des législations plus rigoureuses ont été également adoptées, notamment par le Costa Rica.

Quant à l'efficacité réelle de la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes, John Holmes a fait une comparaison entre le Myanmar et le Bangladesh. Quelque 140.000 personnes ont été tuées au Myanmar en mai dernier par le cyclone Nargis, contre 4.000 au Bangladesh l'année précédente, à la suite du passage du cyclone Sidr, pourtant d'ampleur comparable. Mais le Bangladesh, a-t-il expliqué, avait pris ces dernières années toute une série de mesures inspirées de la Stratégie.

 

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