La croissance du trafic de drogues en Guinée-Bissau nécessite une solution régionale

7 octobre 2008

Le responsable des affaires politiques de l'ONU, B. Lynn Pascoe, a appelé mardi le Conseil de sécurité à envisager une solution régionale au trafic de drogues en Guinée-Bissau, devenue une nouvelle plaque tournante entre l'Amérique du Sud et l'Europe.

La communauté internationale est « préoccupée par l'impact du trafic de stupéfiants dans ce petit pays vulnérable de l'Afrique de l'Ouest », a-t-il expliqué. « Mais la Guinée-Bissau n'est pas le seul pays de la région à être ainsi touché par la crise provoquée par la croissance du trafic de drogues. Une solution durable à long terme ne sera possible que par le biais de démarches régionales robustes », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a expliqué que, selon diverses sources, y compris celles de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Guinée-Bissau était rapidement devenue un lien stratégique dans le transport illicite de drogues de l'Amérique du Sud vers l'Europe.

Les conséquences potentiellement négatives de ce trafic, notamment l'influence de la corruption sur les institutions fragiles du pays, ne doivent pas être sous-estimées, a-t-il dit, estimant que les efforts internationaux en cours visant à aider au renforcement des capacités nationales, en particulier dans le secteur judiciaire demeuraient insuffisants.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur la Guinée-Bissau, recommande d'envisager la création d'un groupe d'experts chargé d'identifier toutes les personnes impliquées dans le trafic de drogues et la criminalité organisée en Guinée-Bissau. Selon lui, la menace des stupéfiants illégaux est un grand problème pour ce pays et ses voisins, dont beaucoup se relèvent de longs conflits civils.

S'agissant de l'évolution de la situation politique, M. Pascoe a souligné la nomination le 5 août d'un nouveau Premier ministre, qui a affirmé, à plusieurs reprises, son engagement à organiser les élections législatives à la date prévue du 16 novembre prochain.

Selon B. Lynn Pascoe, la communauté internationale doit faire le nécessaire pour assurer le financement de ces élections alors qu'il manque plus de 4 millions de dollars, y compris des arriérés d'environ 1 million de dollars d'élections précédentes.

Alors qu'un coup d'Etat a été évité au début du mois d'août, un autre motif d'instabilité pourrait survenir des retards dans le versement des salaires du secteur public, qui atteignent désormais deux mois.

 

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