La Russie dénonce un monde unipolaire qui a permis l'agression de l'Ossétie du Sud

27 septembre 2008

Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a dénoncé samedi « un monde unipolaire » qui a permis l'agression de l'Ossétie du Sud par la Géorgie, dans un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU.

« L'illusion d'un monde unipolaire a désorienté certains », a dit M. Lavrov. « En échange d'une loyauté totale, ils s'attendaient à recevoir une carte blanche pour résoudre tous leurs problèmes par tous les moyens. Ce syndrome de permissivité totale qu'ils ont développé est devenu envahissant, impossible à contrôler, la nuit précédant le 8 août, quand l'agression a visé l'Ossétie du Sud », a-t-il ajouté.

« La Russie a aidé l'Ossétie du Sud à repousser l'agression, et a rempli son devoir de protéger ses citoyens et de remplir ses engagements de maintien de la paix. La reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par la Russie était la seule mesure possible pour assurer la sécurité et la survie de leurs populations », a déclaré le ministre russe.

Selon lui, « le problème est terminé maintenant. L'avenir des populations d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud a été garanti de manière sûre par les traités entre Moscou et Tskhinval, et Sukhum. Avec la mise en œuvre du plan Medvedev-Sarkozy et notre ferme engagement, la situation autour des deux républiques va être finalement stabilisée. » « Ce plan devrait être appliqué strictement par toutes les parties. Nous sommes préoccupés, toutefois, par les tentatives de le réécrire pour satisfaire Tbilissi », a-t-il ajouté.

D'après Serguei Lavrov, « l'architecture de sécurité actuelle en Europe a échoué lors des récents événements. Les tentatives de l'adapter au règles de l'unipolarité ont conduit à une situation où cette architecture s'est révélée incapable de contenir l'agresseur ou d'empêcher la livraison d'armes offensives, contrairement aux codes de conduite existant ». Il a rappelé que le président russe Dimitri Medvedev avait proposé en juin de développer un Traité sur la sécurité européenne, une sorte de « Helsinki 2 », pour créer un système collectif fiable qui assurerait une sécurité égale pour tous les Etats.

 

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