Conseil des droits de l'homme : Desmond Tutu présente son rapport sur Beit Hanoun

18 septembre 2008

La mission d'établissement des faits concernant le bombardement israélien sur la ville palestinienne de Beit Hanoun, qui a fait 19 victimes civiles en novembre 2006, a présenté jeudi son rapport au Conseil des droits de l'homme, concluant qu'Israël devait mener une enquête et faire la lumière sur cet incident.

« En l'absence d'une explication sur le fondement de cette attaque par l'armée israélienne, la mission doit conclure qu'il existe une possibilité que le bombardement de Beit Hanoun est constitutif d'un crime de guerre », ont conclu l'archevêque Desmond Tutu, figure de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, et le professeur Christine Chinkin, lors d'une conférence de presse à Genève.

Le 8 novembre 2006, l'armée israélienne a tiré des obus de mortier sur des maisons de la localité de Beit Hanoun, à Gaza, tuant 19 personnes dont 13 appartenant à la même famille et faisant plus de 40 blessés. Ces tirs ont suivi une opération de l'armée pour faire face aux tirs de roquettes qassam lancées par des militants palestiniens. L'armée israélienne a présenté ses excuses pour ces tirs, les imputant à un problème technique de guidage.

« Aucune véritable explication n'a jamais été offerte, aucune enquête indépendante, impartiale et transparente n'a été menée et personne n'a été tenu pour responsable. La réponse tenant à une enquête militaire largement secrète est absolument inacceptable tant d'un point de vue juridique que moral », a déclaré Desmond Tutu.

Le professeur Chinkin a rappelé que l'accusation de crime de guerre aux termes des Conventions de Genève, pour le lancement d'une attaque en sachant qu'elle causera des dommages collatéraux à des civils, était grave et qu'il faudrait une enquête interne israélienne et une enquête internationale.

Desmond Tutu s'est dit choqué par ce que lui et les membres de la mission ont vu à Beit Hanoun, lorsqu'ils ont pu enfin se rendre sur place en mai 2008, soit deux ans après les faits et a regretté qu'il n'y ait ni responsabilité ni offre de réparation de la part d'Israël.

Il a ajouté que son équipe avait rencontré des dirigeants du Hamas, malgré des avis contraires, ce qui leur avait permis de connaître leur point de vue et de les appeler à cesser les attaques à la roquette contre Israël.

Il a enfin déploré la grave situation humanitaire à Gaza, dont l'origine est purement politique. « Il n'y a pas la moindre chance de paix si les droits fondamentaux de tous ne sont pas respectés et appliqués », a dit Desmond Tutu.

Par ailleurs, le Coordonnateur pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a présenté jeudi, à New York, son rapport mensuel au Conseil de sécurité.

Il a rappelé que la situation à Gaza restait extrêmement sombre et que les projets prioritaires que l'ONU souhaitait mener à bien, et dont le Secrétaire général a discuté avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert, restaient au point mort.

Il a salué les progrès accomplis en Cisjordanie grâce au leadership du Président Abbas et du Premier ministre Fayyad.

 

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