Droits des femmes : Le monde ne respecte pas ses engagements - UNIFEM

18 septembre 2008

Les gouvernements et les organisations multilatérales ne font pas assez pour respecter leurs engagements en faveur des droits des femmes, affirme un nouveau rapport du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), qui préconise de véritables mécanismes de suivi.

Les gouvernements et les organisations multilatérales ne font pas assez pour respecter leurs engagements en faveur des droits des femmes, affirme un nouveau rapport du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), qui préconise de véritables mécanismes de suivi.

« Il faut des mécanismes bien plus efficaces pour garantir que les engagements internationaux et nationaux envers les droits des femmes sont respectés », affirme le rapport 2008/2009 de l'UNIFEM intitulé « Qui est responsable envers les femmes ? Genre et responsabilité », publié jeudi à New York.

Cette responsabilité commence avec l'accroissement du nombre de femmes à des postes de décideur, mais ne s'arrête pas là, affirme l'UNIFEM.

Sur ce point, on est encore loin des objectifs puisqu'il y a une femme pour quatre hommes dans les parlements nationaux. Le taux est passé de 8% à 18,4%, mais les pays en développement ne dépasseront la « zone de parité de 40 à 60% avant 2045 », affirme le rapport.

A cet égard, l'UNIFEM estime que l'imposition de quotas fonctionne. Là où il existe une forme de quota électoral, il y a en moyenne 19,3% de femmes contre 14,7% dans les pays où il n'y en a pas.

Quant aux autres engagements, ils sont aussi en retard.

Plus de 60% de toutes les personnes qui travaillent à la maison sans être payées sont des femmes, les femmes gagnent en moyenne 17% de moins que les hommes et un tiers des femmes dans le monde souffrent de violences dues à leur genre au cours de leur vie.

Le rapport recommande que les institutions multilatérales d'assistance et de sécurité, y compris les Nations Unies et les institutions financières internationales, assurent le suivi du montant de l'assistance qui va à la promotion de l'égalité homme-femmes ou donnent plus de pouvoirs ou de capacités aux femmes.

Au niveau national, les services publics sont taillés pour les hommes employés, lettrés ou aisés. Les femmes continuent de subir des barrières à l'accès aux services de santé, d'éducation ou agricoles. Elles sont privées des soins des cliniques et des écoles qui sont souvent trop éloignées ou trop chères. Une des composantes de ces barrières réside dans la corruption.

Enfin, dans le domaine de la santé maternelle, le bilan est peu brillant. « Une femme sur dix meurt de complications liées à la grossesse que l'on sait prévenir ». « Soyons honnêtes. Nous avons faits de grands progrès mais en ce qui concerne la santé maternelle, notre bilan est lamentable. Il est impensable qu'une femme meure toutes les minutes du fait de la grossesse ou à la naissance. Il s'agit d'une crise silencieuse », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, au lancement du rapport.

La fourniture des services publics est un vrai test de la responsabilité des gouvernements, affirme le rapport.

Enfin, selon l'UNIFEM, un moyen efficace de permettre l'accès des femmes à la justice passe par des changements dans les institutions de maintien de l'ordre et de justice informelle. Ainsi, la présence d'un contingent féminin au Libéria encourage les femmes à s'engager dans la police.

 

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