La CNUCED préconise une meilleure gouvernance financière mondiale

4 septembre 2008

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime dans son 'Rapport 2008 sur le commerce et le développement' publié jeudi que les turbulences économiques actuelles et la menace d'instabilité liée à la spéculation montrent la nécessité d'une meilleure gouvernance financière mondiale.

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime dans son 'Rapport 2008 sur le commerce et le développement' publié jeudi que les turbulences économiques actuelles et la menace d'instabilité liée à la spéculation montrent la nécessité d'une meilleure gouvernance financière mondiale.

La CNUCED estime que la production mondiale devrait croître de 3% environ en 2008, soit près d'un point de pourcentage de moins qu'en 2007.

Selon le rapport, l'incertitude et l'instabilité des marchés financiers, monétaires et de produits de base internationaux, conjuguées aux doutes entourant l'orientation de la politique monétaire de quelques grands pays développés, contribuent à assombrir les perspectives de l'économie mondiale et pourraient présenter des risques considérables pour le monde en développement. Les pays en développement restent en effet très vulnérables aux fluctuations des prix des produits de base, souligne le rapport.

Les économistes de la CNUCED portent un jugement sévère sur le système de gouvernance financière mondiale : « La crise montre une fois de plus que les règles du marché sont incapables d'empêcher des phases récurrentes d' 'exubérance irrationnelle', du fait que le cadre international actuel des politiques monétaires et de taux de change ouvre la porte à des activités spéculatives qui sont très rentables pendant un laps de temps limité, mais qui finissent par déstabiliser l'ensemble du système ». Ils préconisent de durcir la réglementation prudentielle afin de réduire l'instabilité des prix et d'en atténuer les incidences néfastes sur les revenus, et d'éviter le recours par les pouvoirs publics à de coûteuses opérations de sauvetage.

La CNUCED relève par ailleurs que depuis quelque temps, les pays en développement, bien que pauvres en capitaux, exportent davantage de capitaux vers les pays développés qu'ils n'en reçoivent. Ces flux de capitaux à « contre-courant » - des pays pauvres vers les pays riches – remettent en question la pensée économique traditionnelle.

Dans son rapport, la CNUCED préconise également un renforcement de l'aide au développement pour lutter contre la pauvreté. Beaucoup de pays en développement ont bien progressé ces dernières années. Cependant, pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies (OMD) − notamment réduire de moitié l'extrême pauvreté d'ici à 2015 − il faudrait augmenter d'au moins 50 milliards de dollars par an l'aide publique au développement (APD) accordée aux pays pauvres, selon le rapport. En outre, les mesures d'allégement de la dette doivent s'ajouter et non se substituer à l'aide accordée par d'autres voies, ajoute-t-il.

 

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