FAO: Nouvelles directives pour protéger les poissons d'eaux profondes et leurs habitats

3 septembre 2008

Au terme de deux ans de négociations, les États membres de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont adopté de nouvelles directives visant à limiter l'impact de la pêche sur les poissons d'eaux profondes et leurs habitats fragilisés.

Au terme de deux ans de négociations, les États membres de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont adopté de nouvelles directives visant à limiter l'impact de la pêche sur les poissons d'eaux profondes et leurs habitats fragilisés.

Ces directives proposent un cadre auquel les nations doivent adhérer lorsqu'elles pêchent dans des zones de haute mer hors de leur juridiction nationale qui sont le siège de nombreuses pêcheries hauturières, a précisé la FAO dans un communiqué publié mercredi.

L'organisation avait invité ses 191 Etats membres à participer à la Consultation technique à laquelle ont pris part 69 pays, la Communauté européenne et les Îles Féroé, ainsi que des observateurs de 14 organisations intergouvernementales et ONG. Les négociations étaient présidées par la directrice des relations internationales au ministère de la pêche de Nouvelle-Zélande, Jane Willing.

Stipulant que toute activité de pêche en haute mer doit être “gérée de façon rigoureuse”, les nouvelles directives énoncent les mesures requises pour identifier et protéger les écosystèmes vulnérables et donnent des conseils sur l'utilisation durable des ressources marines vivantes de haute mer.

Elles recommandent également que les nations évaluent la pêche hauturière pratiquée par leurs flottes afin d'estimer d'éventuels impacts négatifs significatifs ; que la pêche en haute mer cesse dans toute zone où l'on estime que les écosystèmes marins vulnérables sont victimes d'impacts négatifs significatifs et que des méthodes de pêche plus adéquates soient appliquées pour réduire les impacts sur les espèces non ciblées là où la pêche hauturière peut être pratiquée de façon responsable.

“Jusqu'à présent, on ne disposait pas vraiment de cadre international pour affronter ce problème. Ces directives représentent un des rares instruments pratiques de cette nature; c'est un important pas en avant car elles abordent à la fois les questions d'environnement et d'aménagement des pêches de manière intégrée,” a déclaré le Sous-directeur général, chargé du département des pêches et de l'aquaculture de la FAO, M. Ichiro Nomura.

De nombreuses espèces de poissons des grands fonds ont une croissance lente, parviennent à une maturité sexuelle tardive, et ne se reproduisent pas forcément tous les ans. En conséquence, elles présentent une faible résistance à la pêche intensive, et il faut parfois plusieurs générations pour reconstituer les stocks épuisés par la surpêche.

La pêche hauturière en eaux profondes soulève également de graves inquiétudes pour d'autres espèces vulnérables comme les coraux et les spongiaires délicats vivant en eaux froides, les habitats benthiques fragiles des sources hydrothermales et des suintements froids qui abritent des espèces que l'on ne trouve nulle part ailleurs, et les monts sous-marins où vivent des espèces sensibles.

 

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