Géorgie : Ban Ki-moon inquiet de la situation humanitaire

14 août 2008

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré jeudi préoccupé par la situation humanitaire en Géorgie où les combats entre forces géorgiennes et russes ont causé des morts et des blessés chez les civils, des déplacements de populations et de graves dégâts matériels.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré jeudi préoccupé par la situation humanitaire en Géorgie où les combats entre forces géorgiennes et russes ont causé chez les civils des morts et des blessés, provoqué des déplacements de populations et entraîné de graves dégâts matériels.

Dans une déclaration transmise par sa porte-parole, Ban Ki-moon salue l'accord de cessez-le-feu entre les gouvernements de Géorgie et de Russie mais note qu'en dépit de cet accord, il y a des informations selon lesquelles les violences se poursuivent, les civils en supportant les conséquences.

Il rappelle à toutes les parties impliquées leur obligation de respecter et de protéger les civils en accord avec le droit humanitaire international et les droits de l'homme. « Il faudrait que tous les combats s'arrêtent immédiatement et que la situation actuelle d'anarchie cesse », dit-il. « En outre, alors que les tensions continuent d'être élevées, il est essentiel que des mesures soient prises pour assurer la protection des minorités en Géorgie », ajoute-t-il.

La Géorgie et la Russie ont accepté mardi un accord de cessez-le-feu proposé par le président français Nicolas Sarkozy. La Géorgie avait la semaine dernière lancé une opération visant à récupérer le territoire séparatiste pro-russe d'Ossétie du Sud. La Russie avait réagi en envoyant des troupes soutenir les séparatistes ossètes. Les combats entre les forces géorgiennes et russes auraient fait plusieurs milliers de morts.

Dans sa déclaration, Ban Ki-moon indique que les Nations Unies sont prêtes à aider les gouvernements de Géorgie et de Russie à répondre aux besoins humanitaires des populations affectées. Les agences onusiennes, dont le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR); le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), et d'autres acteurs humanitaires, ont commencé à fournir de l'aide d'urgence à des dizaines de milliers de personnes dans les zones du pays accessibles, souligne-t-il.

Toutefois, de grandes parties du territoire géorgien, en particulier l'Ossétie du Sud et la région de Gori, restent, pour l'essentiel, inaccessibles aux organisations humanitaires en raison de l'insécurité persistante, de l'anarchie et d'autres contraintes, constate-t-il.

Il répète l'importance de permettre aux acteurs humanitaires d'avoir accès aux zones touchées par conflit et appelle les parties impliquées à respecter leur engagement en la matière et à prendre des mesures pour faciliter le travail des acteurs humanitaires et assurer leur sécurité.

Le Secrétaire général indique que le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, va se rendre en Géorgie et à Moscou. Selon un porte-parole adjoint de l'ONU, le Secrétaire général a parlé au téléphone jeudi matin avec le président géorgien Mikhail Saakashvili.

Le représentant du Secrétaire général de l'ONU sur les droits de l'homme des personnes déplacées, Walter Kälin, s'est également dit jeudi très préoccupé par le nombre croissant de civils déplacés en Géorgie.

Environ 100.000 personnes déplacées doivent affronter une situation dangereuse et ont des difficultés à accéder à des abris, à des soins médicaux et à de la nourriture, note-t-il dans un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH). Il juge également alarmant les informations selon lesquelles l'accès à l'aide humanitaire est toujours bloqué et les accusations de pillages des domiciles abandonnés par les personnes déplacées.

L'expert de l'ONU rappelle à la Russie et au gouvernement géorgien leur obligation de respecter les droits des personnes déplacées et de leur fournir protection et assistance. Il appelle les deux gouvernements à inclure dans le plan de paix envisagé des dispositions permettant aux personnes déplacées de retourner volontairement chez elles, de récupérer leurs biens et d'obtenir une compensation pour les éventuels dégâts.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a aussi exprimé son inquiétude. « L'ampleur des combats a pris les gens complètement par surprise », a déclaré le représentant adjoint de l'UNICEF en Géorgie, Benjamin Perks. « Nous essayons de nous assurer que tous les enfants reçoivent les soins médicaux nécessaires », a-t-il ajouté. « Nous avons notamment un problème avec les enfants dans des institutions et les enfants handicapés qui ont aussi été touchés par le conflit et nous nous assurons que les services sociaux sont en mesure d'aider ces enfants particulièrement vulnérables qui ne bénéficient pas de la protection d'une famille ».

Selon une évaluation de l'ONU, il y a 48 nouveaux centres pour personnes déplacées à Tbilissi et dans les zones environnantes mais leur nombre devrait s'accroître alors que l'arrivée de personnes déplacées se poursuit.

L'UNICEF s'inquiète aussi de l'impact psychologique des violences sur les enfants. « Les bombardements aériens, les tirs, les chars ont un impact dévastateur sur les enfants », a dit Benjamin Perks. Une fois de retour chez eux, les familles pourraient aussi être confrontées à des engins qui n'ont pas explosé.

 

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