La MONUC appuie une enquête sur des atrocités commises par des Maï-Maï

30 juillet 2008

La MONUC a mené une mission avec les autorités judiciaires congolaises à Lieke Lesole, dans le district de la Tshopo en Province Orientale dans le cadre d'une enquête sur les viols massifs, pillages et sévices corporels perpétrés en juillet 2007 par un groupe de miliciens Maï-Maï.

« Dans la nuit du 21 juillet 2007, un groupe de miliciens Maï-Maï, avec à sa tête un certain Colonel Thoms, a assiégé le village de Lieke Lesole, situé à 363 km au nord-est de Kisangani dans le secteur de Yawende Loolo. Les miliciens Maï-Maï se sont livrés à des pillages, à des tortures et à des viols massifs de femmes et de jeunes filles sous le sceau d'une opération 'Etakata' (nettoyage ou ville propre) », affirme un communiqué de la MONUC publié mercredi.

Quatre jours durant, tous les habitants de Lieke Lesole et ses environs ont été fortement mobilisés pour témoigner des atrocités dont ils ont été victimes lors du passage de ces miliciens Maï-Maï. Chacun a raconté son cas à la MONUC, à l'équipe de lutte contre les violences sexuelles et aux auditeurs militaires.

«72 cas de violences sexuelles dont quatre femmes enceintes violées, ce qui a provoqué chez elles des fausses couches, tortures et blessures graves sur des hommes. Voilà le résultat de nos examens. Et pour quelle raison ces actes ont-ils été commis ?» s'est interrogé le docteur Akim Mumeme, responsable de l'unité médicale de cette mission.

La MONUC indique qu'au vu des examens, témoignages et plaintes recueillis, tout est prêt désormais pour saisir le tribunal militaire pour que justice soit rendue.

« Tous les villageois, hommes et femmes, ont exprimé leur reconnaissance à la MONUC dont l'appui devrait aider à faire passer rapidement en jugement les auteurs de ces actes innommables », affirme le communiqué.

La mission de la MONUC, menée du 21 au 26 juillet derniers, était composée d'une équipe médicale pour examiner sur place les victimes afin d'aider la justice dans la consolidation des éléments de preuve, de magistrats de l'auditorat militaire de garnison de Kisangani afin de consigner toutes les plaintes et procurations pouvant permettre l'ouverture de dossiers de justice dans la poursuite des auteurs présumés, et de deux avocats qui avaient pour mission de conseiller et assister les victimes dans la défense de leurs droits.

 

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