Radovan Karadzic en détention au Tribunal des Nations Unies à La Haye

30 juillet 2008

L'ex-chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, poursuivi pendant 13 ans par la justice internationale pour génocide et crimes de guerre, a été remis mercredi à la garde du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye après avoir été arrêté en Serbie le 21 juillet, a annoncé le Tribunal.

Il a été transféré au quartier pénitentiaire des Nations Unies à La Haye. Il doit comparaître jeudi devant le juge Alphons Orie, a précisé le TPIY dans un communiqué.

M. Karadzic, ancien président de l'entité autoproclamée Republika Srpska en Bosnie-Herzégovine, est accusé de génocide, complicité de génocide, extermination, meurtre, persécutions, déportations, actes inhumains et autres crimes à l'encontre des Musulmans de Bosnie, des Croates de Bosnie et d'autres civils non serbes pendant le conflit de 1992 à 1995.

Il est mis en cause pour une campagne de bombardements et de tirs isolés visant à répandre la terreur parmi la population civile de Sarajevo. Il est également accusé de génocide pour le meurtre de près de 8 000 hommes et garçons musulmans de Bosnie à Srebrenica en juillet 1995. Il doit enfin répondre de la prise d’otages d'observateurs militaires et de membres des forces de maintien de la paix des Nations Unies.

Le procureur du TPIY, Serge Brammertz, a estimé mercredi que l'arrestation de Radovan Karadzic était « d'une importance capitale tant pour les victimes, qui ont attendu ce jour trop longtemps, que pour la justice internationale. » « En effet, elle montre qu'il n’y a pas d'alternative à l'arrestation des criminels de guerre et qu'il n'y a pas de refuge pour les fugitifs », a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.

Il a salué les autorités serbes pour l'arrestation de l'ex-dirigeant des Serbes de Bosnie : « Cette arrestation représente une réalisation majeure pour la coopération de la Serbie avec le Tribunal. » « Je tiens tout particulièrement à souligner le rôle important qu'ont joué le Conseil de sécurité nationale, le groupe d’action chargé de rechercher les fugitifs et le Bureau du procureur pour les crimes de guerre à Belgrade », a-t-il dit. Il a souhaité que « la coopération de la Serbie avec le Tribunal permette d'appréhender les deux derniers fugitifs, Ratko Mladic et Goran Hadzic. Sans leur arrestation, nous ne pourrons mener à bien notre mission. » Ratko Mladic était le chef d'Etat major de l'Armée bosniaque serbe de la Republika Srpska.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait salué l'arrestation le 21 juillet de Radovan Karadzic comme une « étape décisive » contre l'impunité. « Il s'agit d'un moment historique pour les victimes, qui ont attendu 13 ans que M. Karadzic soit amené devant la justice. Cette arrestation importante permettra au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de progresser vers la fin de son mandat », avait-il dit

 

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