Guéhenno : les missions de paix doivent être en mesure d'employer la force

29 juillet 2008

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, qui quitte ses fonctions, a estimé mardi que la possibilité pour les casques bleus d'employer la force était essentielle s'ils voulaient se faire respecter.

« Je suis, en ce qui me concerne, convaincu que la force compte vraiment, et que l'époque où nous n'avions que des observateurs sans armes est révolue. La force compte vraiment. Etre en mesure d'être respecté est indispensable », a dit M. Guéhenno, lors d'une conférence de presse d'adieu.

« J'ai poussé pour des opérations de maintien de la paix robustes dans les forêts du Congo et comme moyen de dissuasion en Sierra Leone, ou dans les bidonvilles de Port-au-Prince (Haïti) », a-t-il ajouté. Jean-Marie Guéhenno est remplacé par un autre français, Alain Le Roy, à la tête du Département des opérations de maintien de la paix (DPKO).

Il a noté que les opérations de maintien de la paix de l'ONU n'avaient cessé d'augmenter pendant les huit ans où il avait été à la tête du DPKO. Aujourd'hui, 110.000 personnes travaillent pour 20 opérations de maintien de la paix, sans inclure la mission au Darfour qui doit compter 26.000 casques bleus, une fois complètement déployée.

Jean-Marie Guéhenno a toutefois mis en garde sur l'usage de la force : « L'idée que vous pouvez imposer la paix est une erreur. C'est trop ambitieux ». « Vous pouvez dissuader ceux qui veulent tout gâcher en marge du conflit, mais la paix doit être faite par ceux qui étaient en guerre. Vous pouvez les aider, vous pouvez leur fournir un degré de confiance lors de la période de transition pendant laquelle ils sont fatigués de la guerre mais pas encore convaincus des bonnes intentions de l'autre partie et c'est là qu'une force de paix robuste peut faire la différence. Mais vous n'allez pas imposer la paix avec une force de l'ONU », a-t-il ajouté.

Il a également souligné que le maintien de la paix était essentiellement un processus politique qui avait besoin du plein soutien des Etats membres et du Conseil de sécurité. Il a appelé les pays contributeurs à ne pas être avares de leur soutien financier. « Aux contributeurs financiers, à ces pays qui paient la plus grande partie de notre budget, je leur demande de pas réduire leur soutien aux missions. Vous les rendrez plus fragiles et vous pouvez perdre tout votre investissement », a-t-il dit.

 

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