Le commandant de la Mission au Darfour réclame plus de ressources militaires

21 juillet 2008

Le commandant de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD), le général Martin Luther Agwai, a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour qu'elle fournisse les ressources en hommes et en matériel indispensables à la force de paix, dans une tribune publiée lundi dans le Mail and Guardian Online.

« Je suis très préoccupé par la détérioration de la sécurité ici. Le maintien de la paix est devenu une activité mortelle au Darfour », déclare le général Agwai, faisant référence à l'attaque du 8 juillet contre des casques bleus par des hommes armés non identifiés qui a fait 7 morts chez les casques bleus et 22 blessés dans le Nord-Darfour.

« Il est grandement temps que la communauté internationale respecte ses engagements à l'égard de cette force. Nous restons désespérément sous-équipés en hommes et en matériels. J'ai environ un tiers des forces qui doivent être déployées au Darfour et aucun des hélicoptères tactiques qui auraient pu empêcher le massacre de nos hommes [...] Nous avons besoin de renforts et d'équipements adéquats pour nous permettre d'assurer notre mission », écrit le général.

« Est-ce que la communauté internationale va tolérer indéfiniment l'assassinat de casques bleus de la MINUAD ? », s'interroge-t-il.

Il estime nécessaire d'élargir la participation de pays non-africains à la force de paix et rappelle que la résolution 1769 du Conseil de sécurité évoque une force majoritairement africaine mais « ne dit pas que la force de paix doit être exclusivement africaine ».

Le général Agwai relève par ailleurs que le nombre de mouvements rebelles a fortement augmenté depuis la signature de l'accord de paix en 2006. Ils étaient une poignée impliqués dans le conflit il y a deux ans. Aujourd'hui, ils sont une trentaine, en raison de multiples scissions. « Pendant trop longtemps ces hommes ont bénéficié du fait que la communauté internationale s'est concentrée presque exclusivement sur le gouvernement de Khartoum pour apporter la paix », écrit le général. « Il est temps pour eux de montrer qu'ils croient sérieusement à la paix. Ils doivent déposer leurs armes et s'assoir autour d'une table de négociation avec le gouvernement », ajoute-t-il.

Le commandant de la MINUAD juge enfin que « le gouvernement soudanais devrait comprendre que l'attaque [du 8 juillet] n'est dans l'intérêt de personne ». « Entraîner la MINUAD dans un conflit réduit les chances d'un règlement durable », ajoute-t-il. Il appelle Khartoum à « autoriser davantage de casques bleus de davantage de pays, à lever les obstacles bureaucratiques réels ou supposés à notre mission et à l'effort humanitaire [...] à contrôler sa milice criminelle ».

 

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