Crise alimentaire : Ban Ki-moon appelle à un investissement massif dans l'agriculture

18 juillet 2008

Il faudra entre 25 et 40 milliards de dollars par an pour compenser des années d'abandon du secteur agricole dans le monde et éviter de nouvelles famines, a prévenu vendredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, devant l'Assemblée générale.

« Il faut inverser des années de sous-investissement dans l'agriculture et changer les politiques qui ont accru les problèmes », a déclaré le Secrétaire général lors d'une réunion de l'Assemblée générale sur la crise alimentaire et énergétique mondiale.

Ban Ki-moon a exhorté les Etats Membres à accroître immédiatement l'aide publique afin de répondre aux besoins de ceux qui souffrent de la faim, à savoir au moins 800 millions de personnes, alors que l'accroissement de 50% du coût de la nourriture cette année menace d'augmenter ce chiffre de 100 millions de personnes supplémentaires.

Avant la crise alimentaire, 10.000 enfants mouraient chaque jour de causes liées à la malnutrition. « C'est une honte », a déploré le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a salué une initiative annoncée par la Commission européenne visant à créer un nouveau fonds spécial de 1,5 milliard de dollars pour une réponse rapide à la crise alimentaire. Ce fonds viendra s'ajouter aux fonds de développement existants et sera coordonné avec le Groupe de travail des Nations Unies sur la crise alimentaire.

Le Secrétaire général a présenté à cet égard les principales propositions de ce Groupe regroupées dans un « Cadre d'action global », qu'il a décrit non pas comme un plan adapté à toutes les situations mais comme un « menu d'actions » qui doivent être adaptées aux besoins de chaque pays.

Parmi ces mesures, il a notamment évoqué l'accroissement de l'assistance alimentaire, alors que la part de l'aide publique dans ce domaine est passée de 18% il y a 20 ans à 3% aujourd'hui. Ban Ki-moon a souhaité que ce chiffre repasse à au moins 10%.

Il a appelé une fois de plus le G8, à savoir les huit pays les plus riches de la planète (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie et Etats-Unis), à « respecter l'engagement qu'ils ont pris en 2005 au sommet de Gleneagles ». Ces derniers avaient promis de porter l'aide publique au développement à 50 milliards de dollars d'ici à 2010.

Il a aussi appelé à accroître la production alimentaire, en aidant notamment les 450 millions de petits agriculteurs sur lesquels comptent un tiers de la population mondiale.

Du point de vue commercial, il a appelé à la liberté des marchés, à la réduction des subventions agricoles dans les pays du G8, à la limitation des restrictions aux exportations alimentaires dans tous les pays.

Enfin, il a souhaité que les Etats Membres réévaluent leurs politiques d'incitation à la production de biocarburants.

« Le coût de l'inaction serait terriblement élevé », a-t-il prévenu. En effet, en 2030, la demande alimentaire mondiale devrait s'accroître de 50% et en 2050 la population mondiale s'accroîtra d'un tiers.

 

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