Les réfugiés zimbabwéens en hausse en Afrique du Sud, selon le HCR

11 juillet 2008

Depuis le deuxième tour du scrutin présidentiel du 27 juin au Zimbabwe, le nombre de Zimbabwéens se réfugiant en l'Afrique du Sud est en hausse malgré l'augmentation des expulsions par Pretoria, s'inquiète vendredi l'agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Davantage de réfugiés traversent la frontière pour entrer en Afrique du Sud afin de demander l'asile. Auparavant, la majorité des Zimbabwéens qui traversaient la frontière étaient des hommes (environ 90%) ou des femmes seuls cherchant du travail. Maintenant, nous observons un nombre croissant de familles à cause des violences politiques, plusieurs personnes montrant des signes de violences physiques et de torture », a déclaré la porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Jennifer Pagonis, lors d'une conférence de presse.

Une autre indication de l'évolution de la situation de réfugiés est l'affluence grandissante de Zimbabwéens – environ 3.000 à 4.000 – qui entrent en contact avec le bureau d'enregistrement des réfugiés de Crown Mines à Johannesburg les jeudis et vendredis, des jours réservés aux demandeurs d'asile zimbabwéens.

Nombre de ces nouveaux arrivants entrent dans le pays à des points de passage frontaliers illégaux – ceux qui entrent légalement ne demandent généralement pas l'asile après leur arrivée dans le pays – rendant ainsi difficile une estimation précise du nombre des personnes concernées.

Craignant les arrestations et les reconduites à la frontière, ils demeurent dans la clandestinité, ce qui les rend plus vulnérables à d'autres formes de violence et d'exploitation comme les viols et les vols.

Selon des sources fiables, au cours des 40 derniers jours, quelque 17.000 Zimbabwéens ont été renvoyés dans leur pays par l'Afrique du Sud via le point de passage frontalier de Beit Bridge, en dépit des précédents appels de l'UNHCR demandant la suspension des expulsions forcées.

« Les expulsions à grande échelle, combinées aux difficultés rencontrées par les Zimbabwéens qui doivent faire face à l'affluence pour accéder à la procédure nationale d'asile, créent un risque réel de refoulement – ou de retour forcé vers leur pays d'origine, où ils pourraient être en danger », a affirmé la porte-parole du HCR.

Le Haut Commissaire aux Réfugiés, Antonio Guterres, a demandé à nouveau à l'Afrique du Sud de mettre un terme aux expulsions de Zimbabwéens et de s'assurer que les demandeurs d'asile aient accès aux procédures nationales d'asile.

« Nous continuons de demander avec insistance à l'Afrique du Sud de garantir exceptionnellement aux Zimbabwéens un statut juridique temporaire leur permettant de rester dans le pays, une option qui est prévue dans la législation nationale sud-africaine », a ajouté la porte-parole.

On compte actuellement plus de 138.000 réfugiés et demandeurs d'asile enregistrés en Afrique du Sud, originaires d'un grand nombre de pays.

Des demandeurs d'asile zimbabwéens seraient également arrivés dans des pays voisins depuis le mois de mars, avec quelque 700 arrivés au Botswana où ils ont été rapidement pris en charge par le gouvernement et 38 arrivés en Zambie. Les équipes de surveillance de l'UNHCR dans les provinces frontalières du Mozambique ont également identifié plusieurs centaines de demandeurs d'asile originaires du Zimbabwe qui ont besoin de protection.

 

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