Torture : l'ONU demande une meilleure protection pour les femmes

25 juin 2008

A la veille de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, l'ONU demande qu'une attention particulière soit accordée à la protection des femmes contre la torture.

Soixante ans après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, « nous demandons au États de réaffirmer leur détermination à garantir une application sexospécifique du cadre de protection contre la torture afin d'aider à mettre un terme aux violences faites aux femmes », ont déclaré Louise Arbour, la Haut Commissaire aux droits de l'homme, ainsi que d'autres experts dans un communiqué conjoint publié aujourd´hui.

Selon l'article 5 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, « nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Les experts demandent ainsi aux États de garantir que des mécanismes soient mis en place pour prévenir, enquêter et punir les actes de violence dont sont victimes les femmes, et de leur donner un plein accès à la justice ainsi qu'à des services de santé et de réinsertion.

« Les femmes sont victimes de torture de façon différente », signalent les experts. « Certaines formes de violence sexospécifique commises par des États, ainsi que par des particuliers et des organisations, équivalent à de la torture. Il est maintenant admis que la violence sexospécifique correspond à la définition de la torture faite par la Convention contre la torture ».

Ils ont également estimé que la campagne mondiale visant à mettre fin aux violences faites aux femmes devait être renforcée, notamment en ce qui concerne l'interdiction de la torture. Ils ont ainsi préconisé un meilleur système de prévention, de protection, de justice et de réparation pour les victimes, que celui existant actuellement.

Les experts ont également évoqué la situation des femmes détenues, qui sont particulièrement vulnérables face aux actes de violence sexuelle, et des personnes handicapées.

Par ailleurs, la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a demandé aujourd'hui à ce que des enquêtes complètes soient menées pour faire la lumière sur des accusations de torture en Afghanistan.

« Alors que l'Afghanistan s'avance vers une plus grande démocratisation, il est important de réitérer qu'il est du devoir de l'Etat de prévenir, d'interdire, d'enquêter et de pénaliser tout acte de torture et d'autres types de traitement inhumain, » indique un communiqué publié aujourd'hui par la Mission.

« Toutes les parties au conflit, y compris les acteurs internationaux qui participent aux détentions en Afghanistan, doivent respecter les critères juridiques internationaux ».

La Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture est célébrée le 26 juin.

 

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